Colons israéliens incendient deux mosquées à Qusra et Kour en Cisjordanie, graffitis racistes
Deux mosquées incendiées et taguées en Cisjordanie, nouvelle escalade des attaques de colons
Deux mosquées ont été incendiées et taguées “vengeance juive” en Cisjordanie; ces attaques de colons s’intensifient, provoquant dégâts matériels et déplacements.
Des attaques nocturnes ont visé, dans la nuit de dimanche 26 juillet 2026, deux lieux de culte en Cisjordanie occupée : la mosquée Al-Rahma dans le village de Qusra, au sud de Naplouse, et une autre mosquée dans le village de Kour, au sud de Tulkarem. Les deux bâtiments ont subi d’importants dégâts par incendie et ont été couverts de graffitis à la peinture, dont l’inscription « vengeance juive ». Des habitants, dont des enfants, se trouvaient près des sites lors des constatations matinales ; les édifices ont été manifestement profanés et partiellement détruits.
Dégâts matériels et profanation des lieux de culte
Les incendies ont ravagé des parties des structures et endommagé le mobilier intérieur, selon les premiers constats sur place. Les murs des mosquées portent des inscriptions à la bombe et des symboles accompagnant les incendies, signe d’une attaque délibérée visant à intimider les communautés locales. Les responsables locaux ont entrepris des évaluations pour chiffrer l’ampleur des réparations nécessaires et sécuriser les édifices encore menacés par des débris ou des foyers de chaleur résiduels.
Confrontations récentes et contexte immédiat
L’incident suit des affrontements survenus vendredi 24 juillet 2026 dans le village de Tal (Tell), au sud-ouest de Naplouse, où une confrontation entre colons et habitants a dégénéré. Lors de ces heurts, des combats physiques et un échange de tirs ont été rapportés : plusieurs personnes ont été tuées et blessées au cours des violences, ce qui a considérablement tendu la situation dans la région au cours du week-end. Ces événements locaux s’inscrivent dans une série de tensions récurrentes entre colons et populations palestiniennes.
Évolution des attaques de colons entre 2025 et la mi-2026
Les données compilées pour la période allant du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026 indiquent plus de 3 000 incidents impliquant des colons en Cisjordanie. Les relevés annuels montrent une augmentation progressive : environ 1 291 incidents en 2023, 1 449 en 2024 et 1 835 en 2025, avec plusieurs centaines d’attaques supplémentaires enregistrées au premier semestre 2026. La cadence mensuelle moyenne a ainsi augmenté, passant d’environ 153 attaques par mois en 2025 à près de 190 par mois au début de 2026, soit une hausse notable du rythme des incidents.
Impact humain et déplacements de population
Les attaques se traduisent aussi par des conséquences humanitaires : près de 2 000 personnes ont été déplacées au cours des quatre premiers mois de 2026, un chiffre déjà supérieur de près de 20 % au total enregistré pour l’ensemble de 2025. Depuis janvier 2025, les déplacements cumulés ont été particulièrement marqués dans certains gouvernorats, avec des poches de population contraintes à quitter leurs terres et leurs maisons suite à des incursions, des violences et des menaces de démolition.
Facteurs structurels : contrôle de la zone C et accès aux permis
La répartition administrative de la Cisjordanie en zones A, B et C explique en partie la vulnérabilité des communautés palestiniennes. La zone C, qui représente une majorité du territoire et reste sous contrôle militaire et administratif israélien, concentre la plupart des démolitions et des attaques signalées. Les restrictions d’urbanisme et l’octroi limité de permis de construire dans cette zone rendent les habitations et installations palestiniennes particulièrement exposées aux procédures de démolition et aux expulsions.
La situation sur le terrain reste tendue après ces attaques nocturnes. Les édifices religieux touchés exigent des réparations rapides pour permettre la reprise des activités cultuelles et réduire le risque d’escalade. À court terme, les autorités locales poursuivent les évaluations des dégâts et l’assistance aux familles affectées, tandis que les communautés locales font face à une atmosphère d’insécurité accrue et à la crainte d’autres incidents similaires.