Comment l’Algérie va-t-elle justifier ce revirement auprès de son opinion publique ?
Réunis début février sous médiation américaine, le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario ont examiné une version actualisée de la proposition d’autonomie de Rabat. Comme le souligne l’analyse de Jeune Afrique, le point de départ de ces échanges est le remplacement définitif de l’option de l’indépendance par une discussion sur l’autonomie sous souveraineté marocaine, conformément à la résolution 2797 des Nations Unies adoptée en octobre dernier.
Sur Bladi.net : Sahara : Le Maroc dévoile les détails de son plan d’autonomie sans supervision extérieure
Le projet marocain repose sur un équilibre institutionnel où « la région aurait le contrôle sur toutes les questions d’intérêt local, tandis que le pouvoir central conserverait des pouvoirs souverains ». Outre la création d’une assemblée élue, le texte prévoit un volet de réconciliation comprenant l’amnistie des dirigeants du Polisario et le retour organisé des populations réfugiées dans les camps algériens de Tindouf.
Toutefois, d’importants points de friction subsistent entre les délégations. L’Algérie et le Polisario contestent notamment le mode de désignation du chef de l’exécutif local, que le texte prévoit « nommé par le roi », préférant un processus purement électif. La composition du corps électoral pour le futur vote de validation divise également : Rabat souhaite impliquer tous les électeurs marocains, tandis qu’Alger réclame un vote réservé aux seuls Sahraouis.
Ce cycle de négociations reflète un tournant diplomatique pour Alger et le Polisario qui, sous la pression de Washington, “est en quelque sorte allé à Canossa” en acceptant de négocier autour du plan marocain. Pour les autorités algériennes, ce rapprochement pourrait être la condition nécessaire pour briser l’isolement diplomatique du pays, malgré le défi de justifier ce revirement majeur auprès de l’opinion publique nationale.
Sur Bladi.net : Sahara : Washington impose de nouvelles négociations
Les médiateurs américains espèrent désormais profiter des prochaines séances de travail pour parvenir à la signature d’un accord-cadre politique d’ici mai.