Coupe du monde : à Gaza, le soutien à l’Espagne pour la Palestine s’amplifie
Gaza soutient massivement l’Espagne lors de la finale de la Coupe du monde
À Gaza, la finale Espagne–Argentine du 19 juillet 2026 ravive espoirs et solidarités : matches d’exhibition, coupures d’électricité et gestes d’athlètes espagnols renforcent le lien entre le sport et la cause palestinienne.
Le conflit en cours n’a pas empêché la population de la bande de Gaza de vibrer pour la finale de la Coupe du monde programmée le 19 juillet 2026. Pour de nombreux habitants, le soutien affiché par l’Espagne à la Palestine et les prises de position publiques d’athlètes espagnols ont transformé un événement sportif en acte de reconnaissance et d’encouragement. Dans une atmosphère marquée par la rareté du carburant et des coupures d’électricité, des initiatives locales cherchent à recréer l’ambiance d’un grand match et à offrir un bref répit aux familles touchées par la guerre.
Gaza se range derrière l’Espagne
De nombreux résidents interrogés affirment préférer l’Espagne en finale en raison de la posture politique du gouvernement espagnol et des gestes visibles de solidarité de joueurs et personnalités. Ahmed al-Bozm, 33 ans, a résumé ce sentiment en déclarant son soutien “total” à l’équipe espagnole, évoquant notamment l’impact symbolique du geste d’un jeune joueur espagnol qui a brandi le drapeau palestinien lors des célébrations de son club. Pour beaucoup à Gaza, ces marques d’appui dépassent le cadre sportif et sont perçues comme une reconnaissance internationale de leur souffrance.
Accès limité aux retransmissions en raison du carburant
Suivre le tournoi reste un défi quotidien : l’alimentation électrique irrégulière, liée au manque de carburant et à son coût élevé, restreint les possibilités de regarder les matches en direct. Adnan al-Afifi, ancien footballeur et directeur d’un stade local, note que les générateurs s’arrêtent fréquemment, privant les habitants de longs moments de loisir et d’évasion. Les coupures d’électricité n’affectent pas seulement la diffusion télévisuelle ; elles compliquent l’organisation d’événements publics et réduisent l’accès aux services de base, accentuant la fragilité d’un quotidien déjà marqué par les déplacements et les destructions d’infrastructures.
Matches d’exhibition au Palestine Sports Club
Pour raviver une vie sportive mise à mal, le Palestine Sports Club de la ville de Gaza a organisé des rencontres d’exhibition inspirées de la Coupe du monde. Deux matchs simulés ont opposé des équipes représentant la Palestine et l’Espagne, avec arbitres et un dispositif symbolique de VAR pour recréer l’expérience d’un match international. Ces initiatives, qui ont attiré des familles et des amateurs, visent autant à maintenir la pratique du football qu’à renforcer la cohésion sociale. Selon les organisateurs, l’atmosphère lors de ces événements a été “pleine de passion et de positivité”, offrant un rare moment de normalité.
Reconnaissance politique et gestes d’athlètes
La reconnaissance officielle de l’État de Palestine par l’Espagne en mai 2024 et les déclarations publiques de personnalités sportives espagnoles ont joué un rôle déterminant dans l’affection exprimée depuis Gaza. Au-delà des gouvernements, les gestes individuels — de joueurs, d’entraîneurs ou de clubs — ont été interprétés comme des signaux de solidarité pouvant atténuer le sentiment d’isolement des Palestiniens. Des responsables d’équipes locales pour personnes amputées ont souligné combien ces marques d’appui comptent, rappelant que le sport conserve une valeur symbolique majeure pour des populations frappées par la violence et la perte.
Perspectives et précautions des acteurs locaux
Malgré l’optimisme suscité par la compétition, les dirigeants sportifs locaux restent prudents : la plupart des grands stades de la bande de Gaza sont hors service, détruits ou convertis en abris pour les déplacés, et le football se déroule principalement sur des terrains réduits à cinq. Les fédérations locales maintiennent de petits tournois pour préserver la pratique et le lien entre joueurs. Les responsables espèrent que des projections publiques pourront être organisées pour la finale, sous réserve des contraintes logistiques et sécuritaires. Ils insistent également sur le respect envers toutes les équipes : soutenir l’Espagne n’implique pas d’hostilité envers l’Argentine, nation reconnue pour son excellence footballistique.
La finale du 19 juillet 2026 apparaît ainsi, pour beaucoup à Gaza, comme un moment où sport et politique se rencontrent, offrant une fenêtre d’expression et de reconnaissance. Entre espoir et précaution, le football continue de jouer un rôle social essentiel, capable d’unir temporairement des communautés sous la pression d’une crise humanitaire persistante.