Crédit bancaire au Maroc progresse de 9,9% à 1.259,1 MMDH selon Bank Al‑Maghrib
Crédit bancaire au Maroc : encours à 1.259,1 MMDH à fin mai 2026, progression de 9,9% en glissement annuel
L’encours du crédit bancaire atteint 1.259,1 milliards de dirhams à fin mai 2026, en hausse de 9,9% sur un an; crédits aux ménages +3,5% et aux entreprises non financières +6,3%, reflet d’une dynamique divergentielle entre segments.
Hausse globale de l’encours et rythme de croissance
L’encours total du crédit bancaire s’est élevé à 1.259,1 milliards de dirhams à l’issue des cinq premiers mois de 2026, marquant une croissance annuelle de 9,9%. Cette progression traduit une accélération de l’activité de prêt par rapport à l’année précédente et reflète des mouvements différenciés selon les catégories d’emprunteurs. Le taux de croissance global traduit à la fois la demande de financement accrue et la capacité du secteur bancaire à soutenir l’octroi de crédits dans un contexte économique national en évolution.
Répartition par type d’agents emprunteurs
La structure des prêts montre un écart notable entre les agents non financiers et les agents financiers. Les crédits aux agents non financiers ont progressé de 8,9% en glissement annuel, tandis que les concours accordés aux agents financiers ont augmenté plus fortement, à +15,4%. Cette divergence suggère une plus grande intensité de financement au sein des institutions financières et des opérations interbancaires, comparée aux besoins traditionnels des entreprises et des ménages.
Crédits aux entreprises non financières privées
Les concours aux entreprises non financières privées ont enregistré une hausse annuelle de 6,3%. Au sein de ce segment, les crédits à l’équipement ont été le moteur principal avec une augmentation de 14,6%, signe d’investissements productifs soutenus dans certains secteurs. Les prêts à la promotion immobilière ont progressé de 8,3%, reflétant une activité soutenue dans la construction et le logement, tandis que les facilités de trésorerie ont connu une hausse plus modeste de 3,2%, indiquant une gestion prudente de la trésorerie par les entreprises ou une moindre nécessité de financement court terme par rapport aux investissements à moyen et long terme.
Évolution des crédits aux ménages
Les crédits aux ménages ont crû de 3,5% sur un an. La ventilation montre une augmentation de 2,3% pour les prêts à l’habitat et de 4,4% pour les crédits à la consommation. Cette évolution suggère que la demande des ménages pour les dépenses courantes et les biens de consommation a été plus dynamique que celle pour l’acquisition de logements au cours des cinq premiers mois de 2026. L’accélération des crédits à la consommation peut refléter une confiance relative des ménages ou un recours plus fréquent au financement pour des achats durables.
Implications pour le secteur bancaire et l’économie
La progression de l’encours de crédit dans des proportions différentes selon les segments a des implications multiples. Une hausse marquée des crédits à l’équipement et de la promotion immobilière peut soutenir la croissance productive et l’emploi dans les secteurs concernés, mais renforce également la nécessité d’une surveillance des risques sectoriels et de la qualité des actifs. L’augmentation plus rapide des crédits aux agents financiers appelle à une attention sur les flux interbancaires et les opérations de marché, qui peuvent amplifier la liquidité dans le système.
Tendances à surveiller pour le reste de 2026
Pour le reste de l’année, il sera important d’observer l’évolution de la demande de crédit des entreprises, la dynamique des taux d’intérêt et la qualité des portefeuilles de prêts. Les variations de l’inflation, des taux directeurs et de la conjoncture internationale pourraient influer sur la politique de prêt des banques et sur la solvabilité des emprunteurs. Par ailleurs, la transformation digitale et les nouvelles offres de financement pourraient modifier la composition et la distribution des crédits au cours des prochains mois.
L’analyse de ces premiers mois de 2026 montre un secteur bancaire actif, capable d’augmenter l’offre de crédit dans plusieurs segments, tout en mettant en lumière des profils de croissance distincts entre financement des entreprises, des ménages et opérations financières, éléments qui orienteront les décisions de politiques économiques et la gestion du risque bancaire.