Déficit commercial à 25,5 Md DH en janvier 2026, tourisme soutient le solde extérieur
Janvier 2026 : le déficit commercial du Maroc se creuse malgré le dynamisme du tourisme
Janvier 2026 : déficit commercial de 25,5 MMDH au Maroc; le tourisme et les services atténuent le repli des exportations face aux tensions énergétiques.
Le commerce extérieur du Maroc a enregistré en janvier 2026 une détérioration de son solde marchand malgré une reprise simultanée des services portée par le tourisme. Les importations de biens ont atteint 60 milliards de dirhams (≈6,46 milliards USD), en hausse de 0,4% sur un an, tandis que les exportations de biens ont reculé de 2,7% à 34,5 milliards de dirhams (≈3,71 milliards USD). Le déficit commercial s’établit ainsi à 25,5 milliards de dirhams (≈2,74 milliards USD), soit une aggravation de 5,1% par rapport à janvier 2025, et un taux de couverture des importations par les exportations de 57,5%.
Déficit commercial en hausse en janvier
La progression du déficit en janvier résulte de la combinaison d’importations stables à un niveau élevé et d’une contraction des ventes à l’étranger. Si l’énergie a contribué à limiter la hausse globale de la facture importée, le recul des exportations de biens explique l’essentiel de l’aggravation du solde marchand. Le taux de couverture de 57,5% illustre la persistance d’un écart structurel entre offres nationales et besoins d’importation.
Énergie baisse de la facture mais risques géopolitiques
La diminution relative de la facture énergétique a partiellement tempéré la progression des importations. Toutefois, cette amélioration doit être relativisée : depuis janvier, les marchés pétroliers ont réintégré une prime de risque en lien avec les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Hormuz. Pour une économie nette importatrice d’hydrocarbures, cette volatilité se traduit par une double exposition — à la fois sur le solde commercial et sur l’inflation importée via la hausse des prix de l’énergie.
Importations biens finis et équipements en progression
Au-delà de l’énergie, plusieurs catégories d’importations affichent des hausses marquées. Les biens de consommation finis ont atteint 15,5 milliards de dirhams (≈1,67 milliard USD), en hausse de 17,1%, tandis que les biens d’équipement et capital atteignent 15,39 milliards de dirhams (≈1,66 milliard USD), en hausse de 12,9%. Les matières premières ont progressé de 38,4% à 4,1 milliards de dirhams (≈441 millions USD). Ces mouvements reflètent un recours soutenu aux importations pour la consommation finale et pour l’investissement productif, maintenant une structure importatrice dynamique hors énergie.
Exportations performances sectorielles contrastées
Le repli global des exportations cache des trajectoires sectorielles divergentes. Le secteur automobile a enregistré une croissance robuste de 19,1%, et l’aéronautique a progressé de 8,7%. En revanche, le textile et le cuir ont reculé de 5,9%, la confection prête-à-porter étant particulièrement affectée. L’électronique et l’électricité ont également enregistré des baisses. Cette hétérogénéité traduit des gains de compétitivité et d’investissement dans certains segments industriels, tandis que d’autres restent vulnérables aux chocs de demande internationale.
Services et tourisme excédent porté par les voyages
L’intégration des services modifie substantiellement le bilan extérieur. Les exportations de services ont atteint 26,3 milliards de dirhams (≈2,83 milliards USD), en hausse de 11,6%, tandis que les importations de services se sont élevées à 12,3 milliards de dirhams (≈1,32 milliard USD), en hausse de 7,6%. L’excédent des services s’établit à 14 milliards de dirhams (≈1,5 milliard USD), en progression de 15,4%. Le tourisme demeure le principal vecteur : les recettes liées aux voyages ont atteint 11,65 milliards de dirhams (≈1,26 milliard USD), en hausse de 19,3%, tandis que les dépenses des résidents à l’étranger se sont élevées à 2,7 milliards de dirhams (≈291 millions USD), en hausse de 2,3%. Ces chiffres montrent que le secteur des services continue de compenser partiellement la faiblesse des biens.
Risques géopolitiques et perspectives pour 2026
Malgré l’appui des services, la trajectoire externe du pays reste exposée à plusieurs risques. La conjoncture internationale, la volatilité des prix de l’énergie et l’évolution de la demande extérieure pour les secteurs exportateurs — notamment le textile — conditionneront l’évolution du déficit au reste de l’année. Par ailleurs, la poursuite d’importations soutenues pour l’équipement productif peut soutenir la croissance industrielle, mais alimente aussi les pressions sur la balance commerciale à court terme. Les autorités économiques et les entreprises devront suivre l’évolution des prix de l’énergie et adapter les stratégies d’approvisionnement et de compétitivité à l’horizon 2026.
La synthèse de janvier 2026 montre un commerce extérieur sous tension, compensé partiellement par un secteur tertiaire dynamique; l’équilibre entre soutien du tourisme et vulnérabilités liées aux importations et aux risques géopolitiques déterminera la trajectoire économique des prochains mois.