Déficit commercial du Maroc à 87,37 MMDH au T1 2026 importations en hausse
Le déficit commercial atteint 87,37 MMDH au T1‑2026, importations en forte hausse et taux de couverture en baisse à 58%
Au T1‑2026, le déficit commercial atteint 87,37 MMDH (+23,9%). Importations en hausse significative, exportations limitées; aéronautique et automobile ressortent en tête au T1.
L’économie nationale enregistre un creusement marqué du déséquilibre extérieur au cours des trois premiers mois de 2026, avec un déficit commercial qui s’établit à 87,37 milliards de dirhams, soit une hausse de 23,9% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette détérioration résulte d’un rythme d’accroissement des importations bien supérieur à celui des exportations, entraînant une dégradation du taux de couverture qui recule de 4,4 points pour s’établir à 58%.
Détérioration du déficit au premier trimestre 2026
Le déficit commercial de 87,37 MMDH reflète un déséquilibre croissant entre des importations de biens qui ont progressé de 11,1% et des exportations qui n’ont augmenté que de 3,3%. Les importations atteignent 208,2 MMDH tandis que les exportations se situent à 120,7 MMDH. Le différentiel de rythme entre flux entrants et sortants explique l’aggravation du solde extérieur marchand et la baisse du taux de couverture.
Dynamique par grandes catégories d’importation
L’augmentation des importations est largement diffusée. Les produits bruts ont bondi de 42,2% pour atteindre 13,05 MMDH, reflétant des besoins accrus en matières premières. Les biens d’équipement affichent une hausse de 24,7% (51,72 MMDH), tandis que les produits finis de consommation progressent de 14,6% (51,64 MMDH). Les demi‑produits augmentent modestement de 2,1% à 40,02 MMDH. À l’inverse, les produits alimentaires enregistrent un repli de 6% à 22,52 MMDH, secteur qui atténue partiellement la poussée globale des achats à l’étranger.
Performance sectorielle des exportations
Les exportations présentent une croissance inégale selon les secteurs. Les ventes à l’étranger sont soutenues principalement par l’aéronautique, en hausse de 12,6% à 8 MMDH, et par l’automobile, qui gagne 12,1% pour atteindre 42 MMDH. Toutefois, d’importants secteurs exportateurs ont connu des baisses : le textile et cuir recule de 14,1%, les phosphates et dérivés de 7,4%, l’électronique et l’électricité de 4,7% et l’agriculture‑agroalimentaire de 2,3%. Cette divergence sectorielle explique la progression limitée des exportations totales malgré la bonne tenue de certains segments industriels.
Conséquences sur le taux de couverture et la vulnérabilité extérieure
La progression des importations plus rapide que celle des exportations a entraîné un recul notable du taux de couverture, tombé à 58% (-4,4 points). Ce ratio, qui mesure la capacité des exportations à couvrir les importations, illustre une fragilité accrue de l’équilibre commercial. Une couverture plus faible augmente l’exposition aux chocs externes et peut peser sur la balance des paiements si elle se prolonge, notamment si les facteurs structurels à l’origine des importations élevées ne sont pas corrigés.
Amélioration de la balance des services
Parallèlement aux échanges de biens, la balance des services affiche une progression. L’excédent des services s’accroît de 16,1% pour dépasser 38,7 MMDH, soutenu par une hausse des exportations de services de 13,2% à 76,26 MMDH et une augmentation des importations de services de 10,4% à 37,56 MMDH. Cette dynamique positive du secteur des services contribue à atténuer, sans l’annuler, le déficit enregistré sur les biens.
Les chiffres du premier trimestre 2026 mettent en évidence une architecture des échanges extérieurs marquée par une demande interne soutenue en biens importés et par des performances exportatrices inégales selon les filières. La poursuite de ces tendances devra être suivie de près dans les prochains mois, car l’évolution des cours mondiaux, des approvisionnements et de la demande externe influencera fortement le solde extérieur et les politiques économiques à court terme.