Deux Marocaines en Allemagne surmontent le dialecte souabe et réussissent en boulangerie
Deux Marocaines s’adaptent au dialecte souabe et décrochent leur diplôme en boulangerie en Allemagne
En Bade-Wurtemberg, deux Marocaines arrivées en octobre 2023 ont surmonté le dialecte souabe et des retards de visa pour achever leur formation en boulangerie chez Raisch, obtenir leur diplôme et envisager des responsabilités.
Soumia El Ouardani, 30 ans, et Amal Ajovaov, 28 ans, sont arrivées en Allemagne en octobre 2023 après avoir été recrutées au printemps de la même année. Toutes deux disposaient d’un niveau B1 en allemand acquis au Maroc et étaient engagées pour suivre une formation de vendeuses spécialisées en boulangerie au sein du groupe familial Raisch, implanté dans le Bade-Wurtemberg. Leur parcours illustre les défis linguistiques et administratifs auxquels peuvent se heurter les travailleurs qualifiés recrutés à l’étranger, ainsi que les solutions pragmatiques mises en œuvre par les employeurs locaux.
Arrivée en Allemagne et niveau linguistique
À leur arrivée, Soumia et Amal avaient déjà une base en allemand standard, suffisante pour entamer une formation professionnelle. Elles ont toutefois rapidement constaté que la langue parlée au comptoir de la boulangerie n’était pas l’allemand standard appris en cours, mais un dialecte régional très présent dans le sud-ouest : le souabe. Le fossé entre le B1 académique et les usages locaux s’est avéré plus important que prévu lorsque les premières interactions avec la clientèle ont commencé.
Critère inattendu : le dialecte souabe
Le dialecte souabe a été l’obstacle le plus immédiat à l’intégration professionnelle. Les expressions régionales et certains mots propres à la région rendaient incompréhensible la demande des clients pendant les premières semaines. Un terme simple désignant un petit pain, par exemple, a posé des problèmes de compréhension aux recrues. Ce type de difficulté montre que la maîtrise de l’allemand standard ne suffit pas toujours pour travailler dans un environnement de service de proximité, où les accents et le lexique local sont omniprésents.
Adaptations mises en place par Raisch
Face à ces difficultés, l’employeur a adapté son accompagnement. La boulangerie a constitué un petit « dictionnaire » de termes locaux afin d’aider les nouvelles recrues à comprendre la clientèle. Des cours de langue supplémentaires axés sur la compréhension orale en situation réelle ont été proposés, et les collègues expérimentés ont joué un rôle de tuteurs pour faciliter l’apprentissage in situ. Ces mesures pratiques ont rapidement amélioré la fluidité des échanges au comptoir et la confiance des salariées.
Retards de visa et déroulé de la formation
Leur installation en Allemagne n’a pas été sans complications administratives : recrutées au printemps 2023, elles ont dû attendre plusieurs mois pour obtenir leurs visas et n’ont pu rejoindre leur poste qu’en octobre 2023. À l’arrivée, il a fallu rattraper les cours manqués et s’adapter au rythme professionnel. L’employeur avait toutefois prévu un logement partagé et un accompagnement pour les premières démarches administratives. Après trois années de formation et d’intégration progressive, Soumia et Amal ont obtenu leur diplôme à l’été 2026 et sont désormais en poste au sein de l’entreprise Raisch, qui gère plusieurs dizaines de boulangeries dans la région.
Impact familial et perspectives de carrière
La réussite professionnelle des deux femmes a eu des répercussions familiales immédiates au Maroc. Soumia indique que son frère et sa sœur se sont mis à apprendre l’allemand, inspirés par son parcours. Sur le plan professionnel, Amal nourrit des ambitions claires : elle vise la direction d’un magasin, voire la supervision de plusieurs établissements à terme. Leur progression montre qu’avec un soutien ciblé et des aménagements sur le lieu de travail, l’intégration linguistique et professionnelle des travailleurs étrangers est réalisable et peut ouvrir des perspectives d’évolution.
Le dossier de Soumia et Amal illustre plusieurs tendances actuelles : l’Allemagne recrute des travailleurs qualifiés à l’étranger, mais la réussite dépend autant de l’accompagnement administratif et linguistique que des compétences techniques. L’expérience met en lumière la nécessité pour les employeurs d’anticiper les barrières dialectales et culturelles et d’offrir des solutions concrètes pour faciliter l’intégration immédiate des nouveaux arrivants. Le parcours de ces deux Marocaines, de l’arrivée avec un B1 à l’obtention d’un diplôme en 2026, témoigne d’une adaptation réussie et d’un potentiel de contribution durable au marché du travail local.