Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA préparé à l’ONU avec le Maroc
Le Maroc copréside à New York la réunion préparatoire du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA
À New York, Omar Hilale a coprésidé une réunion préparatoire au Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA (Genève, 6-7 juillet) pour promouvoir l’inclusion.
L’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a coprésidé ce vendredi à New York une réunion de haut niveau du Groupe des amis des Nations unies sur l’intelligence artificielle au service du développement durable, axée sur les préparatifs du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, programmé les 6 et 7 juillet à Genève. Lors de cette séance, les coprésidents du Dialogue, les ambassadeurs Egriselda López (Salvador) et Rein Tammsaar (Estonie), ainsi que des responsables de l’Unesco et de l’Union internationale des télécommunications à New York, ont exposé l’état d’avancement des préparatifs et le déroulé attendu des deux journées genevoises.
Réunion préparatoire à New York
La rencontre a rassemblé les délégations du groupe, qui compte plus de soixante États membres, pour valider les objectifs, les formats des sessions et la logistique de la conférence de Genève. Les intervenants ont passé en revue les thèmes prioritaires — gouvernance internationale, inclusion des pays en développement, harmonisation des normes et rôle des acteurs non étatiques — afin d’assurer une participation équilibrée de tous les secteurs concernés.
Programme et acteurs impliqués
Les organisateurs ont confirmé que le Dialogue mondial réunira pour la première fois l’ensemble des 193 États membres des Nations unies, côte à côte avec des scientifiques, des représentants du secteur privé et de la société civile. Le format pluridisciplinaire vise à dépasser les silos techniques pour aborder des questions juridiques, éthiques et économiques. Des ateliers, des panels multipartites et des sessions plénières sont prévus pour favoriser l’élaboration collective de principes de gouvernance et de mécanismes de coopération.
Mise en garde sur la fragmentation
Dans sa déclaration d’ouverture, Omar Hilale a qualifié le rendez-vous de Genève de « le test de la capacité du système multilatéral à gouverner une technologie de cette ampleur ». Il a averti que l’échec de ce processus risquerait d’enfermer la définition des règles dans des « clubs restreints », aggravant la fragmentation internationale des cadres de régulation. Selon lui, la configuration actuelle montre que la majorité de la population mondiale est « absente des salles où s’écrivent les règles », un facteur susceptible d’accroître les inégalités liées à l’IA.
Déséquilibres géopolitiques et économiques
L’ambassadeur a présenté des données chiffrées pour illustrer les déséquilibres : le marché de l’IA pourrait atteindre 4 800 milliards de dollars d’ici 2033 selon des estimations récentes, tandis qu’une centaine d’entreprises concentreraient une part importante des dépenses mondiales de recherche. Hilale a également souligné que seulement sept pays développés participent à l’ensemble des grandes initiatives internationales de gouvernance de l’IA, alors que 118 pays n’en font partie d’aucune, ce qui creuse l’asymétrie décisionnelle à l’échelle mondiale.
Origines de l’initiative marocaine et calendrier
Le Maroc, aux côtés des États-Unis, a été à l’origine de la première résolution de l’Assemblée générale sur l’intelligence artificielle, adoptée en mars 2024 et coparrainée par plus de 120 États. À la suite de cette adoption, Omar Hilale et son homologue américain ont lancé et coprésidé la création du Groupe des amis de l’ONU sur l’IA, dont la réunion new-yorkaise est l’une des étapes préparatoires majeures menant au Dialogue mondial de Genève. Les organisateurs insistent sur l’importance d’aboutir à des résultats concrets en juillet, avec des recommandations visant à élargir la participation et à renforcer les capacités des pays les moins représentés.
La réunion a mis en lumière l’enjeu central : la gouvernance de l’intelligence artificielle dépasse le cadre strictement technique et touche aux équilibres économiques, aux droits fondamentaux et aux relations internationales. Les prochains jours à Genève constitueront une étape cruciale pour déterminer si la communauté internationale parviendra à établir des règles inclusives et partagées, susceptibles de répartir bénéfices et responsabilités de manière plus équitable.