Documents néerlandais révèlent projet de centre marocain pour mineurs non accompagnés
Les Pays-Bas et le Maroc étudient la création d’un centre pour mineurs non accompagnés, proposition formalisée dans des documents administratifs néerlandais
Projet Maroc–Pays-Bas pour un centre accueillant mineurs non accompagnés: budget 9 M€, contribution néerlandaise 3 M€, calendrier sur cinq ans et suivi.
Le projet de créer au Maroc un centre multifonctionnel destiné aux mineurs non accompagnés ressort d’un échange de courriels daté du 20 juin 2024 et de documents administratifs néerlandais rendus publics. Destiné principalement à des jeunes susceptibles de quitter irrégulièrement le territoire marocain, le dispositif prévoit également une capacité pour les mineurs rentrés des Pays-Bas afin de faciliter leur accompagnement et leur réinsertion. La proposition présente un programme sur cinq ans, un budget prévisionnel de 9 millions d’euros et une participation financière néerlandaise envisagée à hauteur d’un tiers.
Origine et éléments révélés par les documents
Les informations clés proviennent d’un courriel daté du 20 juin 2024 et de pièces administratives néerlandaises publiées ultérieurement. Elles décrivent une proposition transmise depuis Rabat vers des services néerlandais, qui prend la forme d’un projet de coopération bilatérale. Les documents détaillent l’objet du centre, sa vocation double — prévention des départs irréguliers et prise en charge des retours — ainsi que des premières estimations budgétaires et de calendrier.
Public visé et double mission du centre
La majorité des jeunes concernés par le projet sont décrits comme des mineurs susceptibles d’entreprendre des départs irréguliers depuis le Maroc. Une fraction du dispositif serait réservée aux mineurs rapatriés depuis les Pays-Bas, afin de leur offrir un accompagnement personnalisé et des parcours de réinsertion sociale et éducative. Le centre se veut donc à la fois un outil de prévention — par des actions d’information, d’orientation et de prise en charge — et une plateforme d’aide au retour pour des mineurs déjà revenus.
Budget, durée et engagement néerlandais
Le programme se déroulerait sur cinq ans : deux années consacrées à la construction ou à l’aménagement des locaux, puis trois années de fonctionnement. Le budget prévisionnel est de 9 millions d’euros, dont les Pays-Bas proposeraient de financer un tiers (environ 3 millions d’euros). Les modalités exactes de versement, de gestion et de contrôle financier restent à préciser dans le cadre des discussions bilatérales.
Options d’infrastructure et expertise opérationnelle
En juillet 2024, les services néerlandais ont examiné deux options opérationnelles : édifier un établissement neuf ou aménager des locaux existants au Maroc. L’Agence centrale néerlandaise pour l’accueil des demandeurs d’asile (COA) est mentionnée comme possible partenaire technique, susceptible d’apporter son expertise pour la conception et le fonctionnement. Des échanges techniques avec le ministère marocain de la Solidarité sont envisagés afin de définir besoins, responsabilités et standards opérationnels du futur centre.
Chronologie des échanges diplomatiques
Le projet s’inscrit dans un dialogue bilatéral antérieur entre Rabat et La Haye. Dès février 2023, la question du retour des mineurs marocains non accompagnés avait été évoquée lors d’une visite du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit aux Pays-Bas. Le sujet a réapparu en janvier 2025 au cours d’échanges avec l’ambassadeur néerlandais au Maroc, où le centre a été présenté comme un instrument pour faciliter les retours. Un compte rendu daté du 7 avril 2026, rédigé après une réunion bilatérale tenue cinq jours plus tôt, indique que la création conjointe de la structure reste à l’ordre du jour.
Points ouverts et incertitudes à résoudre
Plusieurs éléments demeurent en suspens : l’identification précise du site (construction neuve ou bâtiment existant), le chiffrage définitif des besoins en personnel, la répartition des responsabilités entre partenaires et les garanties relatives à la protection des mineurs accueillis. La contribution néerlandaise est annoncée mais non encore formalisée et le calendrier de mise en œuvre dépendra des accords techniques et financiers à venir.
Le dossier apparaît donc comme une proposition structurée mais non finalisée : elle combine une logique de prévention des départs irréguliers et d’accompagnement des retours, appuyée par une estimation budgétaire et un scénario de mise en œuvre. Les prochaines étapes attendues comprennent des négociations techniques entre la COA et les autorités marocaines, la clarification des modalités de financement et la signature d’un accord formel si les deux parties confirment leur engagement.