Dr Hussam Abu Safia détenu sans inculpation depuis 555 jours, sa vie en danger
Gaza : le fils du Dr Hussam Abu Safia alerte sur la santé critique de son père détenu depuis plus de 555 jours
Elyas Abu Safia affirme que son père, directeur hospitalier, présente des signes de sévices et des difficultés respiratoires après plus de 555 jours de détention israélienne sans inculpation. Appel urgent à sa libération.
Le fils du Dr Hussam Abu Safia a lancé, le 5 juillet 2026, un appel pressant pour obtenir la libération et des soins médicaux pour son père, qu’il décrit comme gravement affaibli après plus de 555 jours de détention en Israël sans inculpation formelle. Dans un message vidéo, Elyas Abu Safia a affirmé que le directeur de l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, était à peine capable de respirer ou de parler et portait des marques de blessures visibles après son transfert en isolement dans une prison à sécurité maximale.
Appel public d’un fils médecin
Elyas, lui-même médecin, a raconté que lors d’une visite récente l’avocat de la famille a décrit un état de santé alarmant. « Avant-hier, l’avocat Nasser Odeh a réussi à rendre visite à mon père », a déclaré Elyas, ajoutant : « Mon père était incapable de respirer. Mon père était incapable de parler. Son visage était défiguré par des marques de torture et par le sang qu’il avait à l’intérieur de la prison. » Ces déclarations ont été faites à la date de publication, le 5 juillet 2026, et constituent l’élément déclencheur d’un appel public en faveur d’une intervention médicale urgente.
Constatations de l’avocat lors de la visite du 2 juillet 2026
Selon les informations transmises par la famille et par des organisations de défense, l’avocat Nasser Odeh s’est rendu auprès du détenu le 2 juillet 2026. Il aurait constaté des blessures récentes à la tête, autour des yeux, des oreilles et du cou, des difficultés respiratoires et des épisodes de perte de conscience répétés. L’avocat a rapporté que le détenu était amené à la visite les mains et les pieds entravés et entouré d’officiers masqués, ajoutant que l’état des blessures rendait difficile la reconnaissance du patient.
Circonstances de l’arrestation et contexte familial
Les forces israéliennes ont arrêté le Dr Hussam Abu Safia le 27 décembre 2024 alors qu’il se trouvait au travail, selon la famille. Cette arrestation survient après une période au cours de laquelle le personnel médical et les infrastructures sanitaires du nord de Gaza ont été durement touchés par les opérations militaires. La famille rappelle qu’un autre de ses fils, Ibrahim, a été tué par une attaque de drone deux mois avant l’arrestation, alors qu’il se trouvait à l’entrée de l’hôpital où il travaillait.
Demandes des organisations médicales et interventions internationales
Médecins pour les droits de l’homme Israël a exprimé des inquiétudes graves et a averti que la vie du Dr Abu Safia était en danger immédiat après son transfert dans la section Rakefet de la prison de Nitzan. L’organisation a demandé sa libération et celle d’autres médecins palestiniens détenus sans inculpation. Par ailleurs, des experts des Nations unies avaient déjà, en mars, appelé à la mise en liberté immédiate d’Abu Safia et à l’assurance de soins médicaux appropriés. Les autorités israéliennes, pour leur part, n’ont pas porté d’accusation formelle contre lui et l’ont classé comme « combattant illégal », une désignation utilisée pour prolonger des détentions sans procès.
Impact sur le système de santé et nombre de médecins détenus
Les autorités et groupes de défense rapportent que le Dr Abu Safia fait partie d’un groupe de médecins palestiniens actuellement détenus sans inculpation. Le message transmis indique qu’il s’agit de quatorze médecins originaires de Gaza détenus dans ces conditions, une situation qui, selon les observateurs locaux, exacerbe la crise sanitaire dans une région déjà privée de ressources. La détention prolongée des cadres médicaux suscite des inquiétudes quant à la capacité des hôpitaux à maintenir des services essentiels pour la population civile.
La famille d’Abu Safia a en outre adressé des reproches aux responsables politiques et aux autorités internationales, estimant que leur silence ou leur inaction équivaut à un abandon face à la situation du médecin et d’autres détenus. Les appels qui se multiplient demandent davantage de transparence sur les conditions de détention, l’accès indépendant aux soins et la tenue de procédures judiciaires conformes aux standards internationaux. La communauté médicale locale et plusieurs organisations de droits ont renouvelé leurs demandes d’accès consulaire et d’évaluations médicales indépendantes pour vérifier l’état de santé et garantir la sécurité du détenu.