Drones et combats au nord de l’Éthiopie : l’OMS alerte sur l’effondrement sanitaire
L’OMS alerte: frappes de drones et reprise des combats au Tigré poussent le système de santé éthiopien au bord de l’effondrement
L’OMS alerte: la reprise des combats au Tigré et les frappes de drones en Éthiopie poussent le système de santé au bord de l’effondrement et tuent des civils.
Les combats récents entre une alliance de rebelles originaires du nord du Tigré et les forces gouvernementales d’Addis-Abeba, ainsi que des frappes de drones ciblant des camps de personnes déplacées, ont aggravé une situation humanitaire déjà critique en Éthiopie et menacent la capacité des services de santé à répondre aux besoins essentiels, a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué que les attaques récentes ont fait plusieurs victimes civiles, dont des enfants, et ont lourdement affecté les infrastructures et le personnel médical.
Frappes de drones et pertes humaines récentes
Au moins quinze personnes, parmi lesquelles plusieurs enfants, ont été tuées lors d’une série de frappes de drones qui ont touché un camp de déplacés dans la région d’Amhara, selon des informations provenant d’opérations de secours. Le camp Jaari 2 figure parmi les lieux visés. Parallèlement, des incidents mortels ont été signalés à Rama, dans la région voisine du Tigré, où des civils ont été tués alors qu’ils cherchaient de la nourriture. Aucune revendication claire n’a été établie publiquement pour ces attaques, et un bilan consolidé des victimes n’a pas été fourni par les autorités.
Détérioration des services hospitaliers et des soins essentiels
L’OMS met en garde contre l’épuisement rapide des capacités de prise en charge: hôpitaux et centres de santé font face à des pénuries d’agents de santé, de médicaments et d’équipements. Les services d’ambulance et les transports médicaux sont sévèrement limités par l’insécurité, rendant difficile l’acheminement des patients vers des structures capables de les traiter. Les services d’urgence, les soins maternels et infantiles et le traitement des maladies chroniques sont particulièrement menacés, avec un risque accru de surmortalité si l’accès aux soins n’est pas rétabli.
Actions humanitaires et appels à la protection des civils
L’OMS, en coordination avec d’autres agences humanitaires, s’efforce de fournir des fournitures médicales supplémentaires et d’affecter du personnel là où cela est possible. Les organisations demandent des corridors sécurisés et un accès sans entrave pour les équipes médicales et les convois de secours. Les appels portent aussi sur la nécessité de protéger les civils et les installations de santé, conformément aux obligations humanitaires, afin d’empêcher une aggravation de la crise sanitaire et humanitaire.
Rupture de l’accord de paix de novembre 2022 et risques d’escalade
La reprise des combats a profondément fragilisé l’accord de paix signé en novembre 2022 entre le gouvernement fédéral et les groupes armés du Tigré. La détérioration du cessez-le-feu accroît les risques d’une expansion du conflit à d’autres régions et alimente les craintes d’une crise humanitaire à plus grande échelle. La résurgence des hostilités limite également les possibilités de coordination entre autorités locales et organismes internationaux pour organiser des réponses sanitaires efficaces.
Conséquences sanitaires et mesures à court terme nécessaires
La combinaison des attaques, des déplacements massifs de population et des coupures d’accès aux soins crée un terrain propice aux épidémies, à la malnutrition et à une hausse des décès évitables. Les autorités sanitaires et humanitaires soulignent l’urgence d’acheminer des médicaments, des vaccins, des fournitures obstétricales et des matériels pour le traitement des maladies infectieuses. Le renforcement des capacités locales, la réactivation des services d’ambulance et la protection des structures de soin sont présentés comme des priorités immédiates pour limiter l’impact sanitaire.
Le constat dressé par l’OMS met en lumière une double urgence: prévenir de nouvelles pertes civiles liées aux frappes et garantir la continuité des soins pour les populations vulnérables. Sans mesures rapides et un accès sécurisé pour les équipes médicales et les vivres, la situation sanitaire risque de se détériorer davantage, avec des conséquences durables pour les communautés déjà éprouvées.