Ebola en RDC au moins 600 morts et soignants d’Ituri menacent la grève
RDC : plus de 600 morts et 1 759 cas confirmés d’Ebola, le personnel de santé de l’Ituri menace de cesser le travail
RDC 600+ décès et 1 759 cas confirmés d’Ebola ; en Ituri, les retards de paiement poussent le personnel soignant à menacer une grève alors que les essais cliniques démarrent.
Bilan des cas et des décès
Les autorités sanitaires ont enregistré à ce jour 1 759 cas confirmés de la maladie à virus Ebola et au moins 600 décès. Les derniers chiffres publiés le 9 juillet 2026 indiquent 51 nouveaux cas et 20 décès sur les 24 heures précédentes. Ces chiffres traduisent une intensification de la crise sanitaire, avec une mortalité élevée qui alourdit la pression sur des systèmes de santé déjà fragiles.
Cas non confirmés à Kisangani et lien avec Nia-Nia
Deux cas supplémentaires ont été signalés à Kisangani, grande ville de la province de la Tshopo, mais ne figurent pas encore dans le total officiel en attente des résultats de laboratoire. L’un de ces cas présente un lien épidémiologique avec le village de Nia‑Nia, dans la province de l’Ituri, foyer initial identifié au début de l’épidémie déclarée le 15 mai 2026. L’autre cas détecté à Kisangani ne semble pas avoir de lien géographique direct avec Nia‑Nia, ce qui soulève des interrogations sur la dissémination urbaine du virus.
Retards de paiement et arrêt du personnel en Ituri
La province de l’Ituri, la plus touchée par l’épidémie, connaît une montée des tensions entre les équipes de première ligne et les autorités locales. Des professionnels de la santé et des travailleurs communautaires signalent ne pas avoir perçu ni salaires ni primes depuis le déclenchement de l’épidémie. Face à ces retards, des avertissements de cessation d’activité ont été émis : plusieurs agents ont déjà interrompu leur travail et un mouvement de grève a été menacé si les paiements n’étaient pas effectués dans un délai court. Cette situation compromet l’effort de riposte, notamment la surveillance, l’isolement des cas et le suivi des contacts.
Début des essais cliniques pour la souche Bundibugyo
Des inscriptions commencent pour des essais cliniques visant des traitements contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, identifiée comme responsable de l’actuelle épidémie. Cette souche est généralement considérée comme moins létale que d’autres variantes observées précédemment, mais il n’existe à ce stade aucun vaccin approuvé spécifiquement pour elle. Le lancement des essais intervient alors que la population et le personnel soignant peinent à accéder à un soutien financier et logistique suffisant, ce qui pourrait compliquer le recrutement et la conduite sécurisée des études cliniques.
Villes minières et propagation silencieuse
L’épidémie s’est propagée pendant plusieurs semaines sans être détectée dans plusieurs localités minières, dont Mongbwalu et Rwampara, avant d’atteindre Bunia et d’autres zones urbaines et périurbaines. La circulation du virus dans ces zones, souvent caractérisées par une forte mobilité des populations et des infrastructures sanitaires limitées, favorise une diffusion difficile à contenir. Les difficultés d’identification précoce des cas, le retard des diagnostics et l’accès restreint aux structures de soins accentuent le risque d’extension vers d’autres provinces.
Les autorités sanitaires locales et les équipes de réponse font face à des défis logistiques importants : approvisionnement en équipements de protection, acheminement des prélèvements pour analyses, et capacité d’isolement des patients. Parallèlement, la confiance des communautés reste fragile, ce qui complique les opérations de sensibilisation et le respect des mesures de prévention.
La conjonction d’une épidémie active, d’essais cliniques naissants et d’une crise sociale au sein du personnel de santé crée un environnement à haut risque pour la gestion de l’urgence sanitaire. Sans rétablissement rapide des paiements dus aux équipes de terrain et un renforcement tangible des moyens opérationnels, la riposte risque d’être entravée au moment même où la détection précoce et la prise en charge sont cruciales pour ralentir la propagation.