Ebola en RDC et Ouganda : 600 cas suspects, 139 décès selon l’OMS
Ebola en RDC et en Ouganda : 600 cas suspects et 139 décès, l’OMS déclenche une urgence sanitaire internationale
L’OMS annonce 600 cas suspects et 139 décès d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda; risque élevé localement, faible au niveau mondial, enquêtes et riposte en cours.
Le 20 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé a annoncé un bilan provisoire de 600 cas suspects d’Ebola et 139 décès suspects en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Le directeur général a qualifié la situation d’urgence de santé publique de portée internationale tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’une urgence pandémique. Les autorités sanitaires locales et internationales ont renforcé les investigations pour identifier les chaînes de transmission et maîtriser la flambée, alors que la souche impliquée est la variante Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Bilan chiffré et confirmations diagnostiques
Sur les 600 cas suspects signalés, 51 cas ont été confirmés dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, au nord de la RDC. L’Ouganda a confirmé deux cas à Kampala, dont un décès, parmi des personnes qui avaient récemment voyagé depuis la RDC. Les autorités ont indiqué qu’un missionnaire médical infecté en RDC a été évacué vers l’Allemagne pour soins spécialisés. Les chiffres restent provisoires et pourraient évoluer à mesure que les enquêtes et les tests de laboratoire avancent.
Décision du Comité d’urgence et position de l’OMS
Le Comité d’urgence s’est réuni à Genève mercredi pour évaluer l’ampleur et les risques de la flambée. Le directeur général a annoncé la déclaration d’urgence internationale, motivée par la nécessité d’une coordination renforcée et d’un soutien transfrontalier. L’OMS a clairement indiqué que le risque d’épidémie est élevé au niveau national et régional, mais faible au niveau mondial, appelant à une réponse proportionnée et ciblée pour identifier les foyers de transmission et protéger les populations vulnérables.
Chaînes de transmission et événement suspecté de super-épandage
Les experts indiquent que l’épidémie pourrait dater de plusieurs mois, le premier décès suspect remontant au 20 avril. Après ce cas, les investigations ont relevé un événement présumé de super-propagation, possiblement survenu lors de funérailles ou au sein d’un établissement de santé, deux contextes connus pour favoriser la transmission d’Ebola. L’identification rapide des contacts, la surveillance active et le renforcement des mesures d’hygiène dans les établissements de santé sont désormais priorités pour interrompre les chaînes de contamination.
Impacts géographiques et mouvements transfrontaliers
La situation se concentre principalement dans le nord-est de la RDC, régions fragiles en termes d’accès aux soins et de capacité de surveillance. La confirmation de cas à Kampala souligne le risque lié aux déplacements entre la RDC et les pays voisins. Les Etats de la région intensifient les contrôles sanitaires aux points de passage et la surveillance épidémiologique, sans pour autant restreindre de manière systématique les déplacements, l’accent étant mis sur le dépistage, l’isolement et le suivi des contacts.
Réponse internationale et recommandations sanitaires
Les autorités recommandent la mobilisation rapide d’équipes d’intervention pour renforcer les capacités locales en diagnostic, prise en charge et contrôle des infections. Les messages aux professionnels de santé insistent sur l’isolement précoce des cas suspects, l’usage rigoureux des équipements de protection individuelle et la sécurisation des rites funéraires. Un porte-parole de l’Union européenne a estimé le risque pour l’Europe comme « très faible », conseillant aux citoyens de suivre les recommandations sanitaires standard et aux systèmes de santé de maintenir une vigilance accrue.
La priorité immédiate reste l’identification complète des chaînes de transmission et la prise en charge sûre des malades, afin de réduire la mortalité et d’empêcher une propagation régionale plus large. Les autorités sanitaires continueront de publier des bilans au fur et à mesure que de nouvelles données seront disponibles, tandis que les efforts de riposte se concentreront sur la surveillance, le renforcement des soins et la protection des communautés exposées.