El Mansouri forme une majorité PAM‑Istiqlal‑USFP‑PPS de 207 sièges, Akhannouch écarté
Fatima El Mansouri obtient une majorité sans le RNI : PAM s’allie à l’Istiqlal, l’USFP et le PPS
Fatima El Mansouri obtient 207 députés : le PAM s’allie à l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, formant une majorité excluant le RNI et préparant le gouvernement.
Lundi 12 octobre 2026, une coalition inédite a été officialisée : le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ont annoncé un pacte politique qui rassemble 207 députés sur les 395 sièges de la Chambre des représentants. Ce rassemblement dépasse la majorité absolue, fixée à 198 sièges, et offre à Fatima El Mansouri la base parlementaire nécessaire pour former un gouvernement, quelques semaines seulement après les élections législatives du 23 septembre 2026.
Une majorité de 207 députés confirmée
Les quatre partis partenaires réunissent une majorité claire de 207 élus, soit neuf sièges au-delà du seuil requis. Le PAM, arrivé en tête du scrutin du 23 septembre avec 97 sièges, s’appuie désormais sur les forces de la Koutla pour constituer l’exécutif. Le chiffre de 207 députés est suffisamment robuste pour permettre l’ouverture des négociations ministérielles et la mise en place d’un programme de gouvernement, même si des ajustements de dernière minute restent possibles lors de la répartition des portefeuilles.
Le RNI exclu de la nouvelle coalition
Ce réalignement marque un changement notable : le Rassemblement national des indépendants (RNI), dirigé par Aziz Akhannouch, ne fait pas partie de la majorité qui se dessine. Le RNI avait dirigé l’exécutif au cours des cinq dernières années, en coalition notamment avec le PAM et l’Istiqlal. Après le scrutin, ces trois formations totalisaient encore 228 sièges, mais les accords antérieurs n’ont pas été reconduits, conduisant au départ du RNI de la future configuration gouvernementale.
Retour de la Koutla et basculement politique
Fatima El Mansouri s’est finalement appuyée sur l’Istiqlal et sur les deux partis de la gauche historique, l’USFP et le PPS. L’Istiqlal conserve ainsi sa place dans la majorité, tandis que l’USFP et le PPS quittent l’opposition pour rejoindre l’exécutif. Les quatre partis ont exprimé dans leur déclaration commune l’ambition de constituer « un gouvernement politique fort » fondé sur une proximité idéologique et un agenda réformateur partagé. Le choix de ces partenaires traduit un basculement stratégique qui mise sur la recomposition des blocs parlementaires plutôt que sur la reconduction des alliances sortantes.
Fatima El Mansouri : nomination et symbolique
Le roi Mohammed VI avait nommé Fatima El Mansouri cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026, après la victoire du PAM. Sa désignation marque une étape symbolique : elle devient la première femme appelée à exercer cette fonction au Maroc. Outre la dimension symbolique, sa responsabilité politique consistera à traduire l’accord interpartis en une équipe gouvernementale cohérente et opérationnelle, tout en gérant les attentes de partenaires qui portent des priorités parfois différentes.
Priorités affichées et dossiers urgents
Le communiqué conjoint ne détaille pas la composition ministérielle mais fixe des priorités claires : emploi, éducation et santé figurent au centre des revendications sociales récentes et des attentes du public. Le futur exécutif héritera également de dossiers internationaux et organisationnels majeurs, notamment la préparation de la Coupe du monde 2030, événement que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal. La mise en œuvre des réformes promises et la capacité de la coalition à trouver rapidement un accord sur la distribution des portefeuilles seront déterminantes pour la stabilité du quinquennat à venir.
Calendrier des négociations et étapes à venir
Les partenaires doivent désormais négocier la répartition des ministères et finaliser la composition du cabinet. Le communiqué du 12 octobre ne révèle aucun nom de ministre : ces discussions devraient occuper les prochains jours et semaines. Une fois l’équipe arrêtée, elle devra être présentée selon les procédures constitutionnelles en vigueur. L’environnement politique reste toutefois fragile : les alliances parlementaires peuvent évoluer pendant la phase de formation, et la majorité devra afficher une capacité rapide à gouverner pour répondre aux défis économiques et sociaux.
La création de cette majorité ouvre une nouvelle page politique au lendemain des élections du 23 septembre 2026. Si l’accord du 12 octobre donne à Fatima El Mansouri la marge parlementaire nécessaire, la traduction de ce pacte en action gouvernementale dépendra des négociations internes, de la cohérence programmatique du futur cabinet et de sa capacité à répondre aux urgences nationales.