Électricité en recul de 0,3% au 1er quadrimestre 2026 renouvelables +20,7 pour cent
Production d’électricité : recul de 0,3% sur janvier‑avril 2026, essor marqué des renouvelables
La production d’électricité recule de 0,3% sur les 4 premiers mois en 2026; renouvelables +20,7%, tiers +209,5%, importations +68,7%, consommation +8,4%.
La production nationale d’électricité a enregistré un léger recul de 0,3% en glissement annuel sur la période janvier‑avril 2026, tandis que la consommation intérieure repart à la hausse, affichant une progression de 8,4% sur les mêmes mois. Les évolutions internes contrastées — baisse de la production de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et du secteur privé, parallèle à un bond important de la production liée aux énergies renouvelables et des tiers nationaux — dessinent un paysage énergétique en mutation et soulèvent des questions sur l’équilibre offre‑demande et les échanges transfrontaliers.
Chiffres globaux de la période janvier‑avril 2026
La production nationale totale diminue légèrement (−0,3%) sur les quatre premiers mois de 2026. Sur le même horizon, l’énergie nette appelée progresse de 4,5%, contre +5% un an plus tôt, traduisant une hausse de la demande énergétique qui coexiste avec une offre domestique en retrait. La consommation finale d’électricité renoue avec la croissance après un repli l’année précédente, ce qui change le profil de la demande et exerce une pression sur l’équilibre du système électrique.
Performance des opérateurs : ONEE et secteur privé
Le recul de la production est porté en partie par une contraction de 5,7% de la production attribuée à l’ONEE et par une baisse de 1,7% de la production du secteur privé. Ces diminutions peuvent refléter des facteurs opérationnels, calendaires ou conjoncturels — tels que des opérations de maintenance, des modifications du calendrier de dispatching ou des variations hydrologiques — mais les données publiées ne précisent pas l’origine exacte de ces mouvements. La moindre production des opérateurs traditionnels augmente la dépendance aux autres sources et aux importations lors des pointes de consommation.
Explosion de la production renouvelable et des tiers nationaux
À l’inverse, la production issue des énergies renouvelables relevant de la loi 13‑09 progresse fortement (+20,7%), et la production des tiers nationaux connaît une hausse spectaculaire (+209,5%). Ces sauts suggèrent une mise en service accélérée d’unités renouvelables, un recours accru à des producteurs indépendants ou des effets de base statistique. L’accroissement des capacités renouvelables modifie la composition du mix électrique et peut contribuer, à court terme, à compenser la baisse de certains segments conventionnels.
Commerce extérieur : importations en forte hausse, exportations en repli
Les échanges d’électricité avec l’étranger ont connu des mouvements opposés à fin avril 2026 : les importations bondissent de 68,7% après une contraction un an plus tôt, tandis que les exportations chutent de 44,2% (après −14,4% précédemment). Ce basculement vers un recours accru aux importations reflète soit une demande interne plus soutenue que l’offre disponible, soit des conditions de marché internationales et régionales rendant les importations plus compétitives ou plus nécessaires en période de pointe.
Conséquences pour l’équilibre du système et perspectives opérationnelles
La combinaison d’une consommation en hausse (+8,4%) et d’une production conventionnelle en recul impose des ajustements opérationnels : recours aux importations, optimisation du dispatching des centrales existantes, et intégration renforcée des apports renouvelables. À court terme, des tensions sur la capacité d’ajustement peuvent apparaître durant les périodes de forte demande, en particulier si des aléas techniques ou climatiques affectent la production thermique ou hydraulique. La dynamique de montée en puissance des renouvelables ouvre toutefois des pistes pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et limiter le recours aux importations lorsque l’intermittence est gérée efficacement.
La tendance observée sur les quatre premiers mois de 2026 montre un système électrique en transition, marqué par une recomposition des sources de production et par des flux internationaux d’électricité plus volatils. Les prochains mois, notamment la saison estivale, seront déterminants pour mesurer la résilience du réseau face à une demande croissante et pour observer si les capacités renouvelables récemment mobilisées contribuent de manière stable à la couverture des besoins nationaux.