Espagne autorise le MV Hondius touché par un hantavirus à rejoindre les Canaries
Hantavirus à bord du MV Hondius : l’Espagne autorise le navire à rejoindre les îles Canaries pour prise en charge
Le MV Hondius, frappé par une épidémie de hantavirus, est autorisé à gagner les îles Canaries pour évacuations médicales, examens et rapatriements contrôlés.
L’Espagne a autorisé le navire d’expédition MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus, à se rendre vers les îles Canaries afin d’assurer la prise en charge sanitaire des passagers et de l’équipage. Le navire, qui comptait 88 passagers et 59 membres d’équipage originaires de 23 pays au départ, fera une traversée estimée à trois jours pour accoster à Gran Canaria ou à Tenerife. Des évacuations médicales prioritaires ont été programmées avant le départ, et des mesures d’isolement strictes sont prévues pour limiter tout risque de propagation.
Autorisation espagnole et motifs de la décision
L’autorisation de navigation vers les Canaries a été motivée par l’impossibilité pour l’escale initiale au Cap-Vert d’accueillir et de traiter les 147 personnes à bord dans des conditions sécurisées. Les autorités espagnoles ont retenu les îles Canaries comme point d’atterrissage le plus proche disposant des capacités hospitalières nécessaires. Un vol médical est prévu pour rapatrier le médecin du bord, un ressortissant néerlandais gravement malade, vers des soins spécialisés en Espagne, selon les dispositions prises en coordination internationale.
Évacuations médicales et protocole d’accueil aux Canaries
Avant le départ définitif, les personnes nécessitant une évacuation urgente seront débarquées et prises en charge dans des structures adaptées. Le plan prévoit l’examen médical systématique de l’ensemble des passagers et membres d’équipage lors de l’arrivée, des soins immédiats pour les cas actifs et l’organisation logistique des rapatriements vers les pays d’origine. Des véhicules et installations spéciales seront utilisés pour éviter tout contact avec la population locale et protéger le personnel soignant, et des procédures de quarantaine seront appliquées selon l’état clinique des personnes concernées.
Cas confirmés, décès et chronologie connue
Plusieurs cas graves ont été rapportés durant la croisière. Un premier passager néerlandais est décédé le 11 avril; son corps est resté à bord jusqu’au 24 avril, date à laquelle il a été débarqué à Sainte-Hélène. Son épouse, qui avait présenté des symptômes gastro-intestinaux au débarquement, a vu son état se détériorer lors d’un vol vers Johannesburg et est décédée à son arrivée aux urgences le 26 avril. Par ailleurs, un ressortissant allemand est également décédé à bord début avril. Un passager britannique évacué est actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud. L’opérateur du navire a indiqué que deux membres d’équipage nécessitent des soins médicaux urgents et qu’une personne à bord présente un cas suspect de faible gravité avec légère fièvre.
Suspicion de transmission interhumaine et souche impliquée
Les investigations sanitaires ont évoqué la possibilité d’une transmission interhumaine limitée entre contacts très rapprochés — notamment au sein de couples ou de personnes partageant une cabine. La souche en cause est apparentée à la souche andine, connue pour des épisodes de transmission interhumaine restreinte lors de précédentes flambées en Amérique du Sud. La période d’incubation estimée entre un et six semaines rend plausible l’hypothèse d’infections contractées soit à bord, soit lors d’excursions terrestres réalisées pendant l’expédition.
Itinéraire de l’expédition et profil des passagers
Le MV Hondius a appareillé d’Ushuaia, en Argentine, le 1er avril, pour une expédition de luxe comprenant des escales en péninsule Antarctique, en Géorgie du Sud et sur des îles isolées comme Tristan da Cunha. Le voyage ciblait des observateurs naturalistes et des touristes fortunés, avec des tarifs d’embarquements annoncés entre 14 000 et 22 000 euros. La majorité des passagers présents pour cette croisière étaient de nationalités britannique, américaine et espagnole, mais le groupe comprenait des personnes de 23 nationalités différentes.
Mesures de biosécurité et coordination internationale
Les autorités en charge de la réponse ont prévu des mesures de biosécurité strictes à l’arrivée : examens cliniques, prises en charge en unités spécialisées et transports sanitaires dédiés pour limiter les contacts. Les opérations de dépistage et le traçage des contacts — y compris pour les passagers des vols impliqués dans les rapatriements — sont en cours. Des équipes médicales mobiles et des ressources logistiques seront mobilisées pour assurer les soins et organiser les retours vers les pays d’origine selon l’état de santé de chacun.
Les autorités insistent sur le caractère rare de la transmission interhumaine de ce virus, tout en maintenant des protocoles stricts pour protéger la population locale et le personnel de santé. Le plan d’action combine évacuations prioritaires, contrôle sanitaire systématique à l’arrivée et rapatriements encadrés pour réduire au maximum les risques de propagation.