Eto’o soutient Infantino et affirme qu’un meilleur budget aurait retenu Mbappé et Tchouameni
Samuel Eto’o appelle à soutenir Gianni Infantino et alerte sur l’impact des faibles budgets des fédérations africaines
Samuel Eto’o soutient Gianni Infantino, salue l’élargissement de la Coupe du Monde et alerte sur l’impact des faibles budgets des fédérations africaines (48 équipes).
Le président de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o, a publiquement appelé les dirigeants africains du football à soutenir Gianni Infantino, estimant que le président de la FIFA a accéléré le développement des fédérations du continent et ouvert davantage de portes pour la participation à la Coupe du Monde. Dans une interview, Eto’o a salué les récentes évolutions institutionnelles et sportives, tout en pointant les inégalités financières qui pénalisent les nations africaines et expliquent, selon lui, la fuite de talents vers l’Europe.
Eto’o défend Gianni Infantino et l’impact pour l’Afrique
Eto’o a expliqué que certaines réformes impulsées par la FIFA ont permis un développement plus rapide des fédérations africaines, notamment par une augmentation des opportunités sportives et un meilleur accès aux compétitions internationales. Il a déclaré que ces changements ont aidé des pays qui n’avaient jamais participé à un Mondial à y accéder. Par ces propos, le dirigeant camerounais place l’accent sur le bilan concret — selon lui positif — d’Infantino pour le continent, et appelle à reconnaître ces avancées plutôt qu’à en faire l’objet d’une polarisation politique internationale.
Augmentation des places africaines à la Coupe du Monde 2026
L’élargissement du format mondial à 48 équipes a directement bénéficié à l’Afrique, qui disposait de neuf places directes pour la Coupe du Monde 2026 au lieu de cinq en 2022. Pour Eto’o, cette progression n’est pas seulement symbolique : elle représente une opportunité pour des fédérations moins réputées de se mesurer à l’élite mondiale, d’attirer des investissements et d’améliorer leurs structures. Le dirigeant a aussi rappelé que la visibilité et l’expérience acquises lors d’un tel tournoi peuvent créer des retombées à long terme pour la formation, l’organisation et l’économie du football local.
Rupture avec l’UEFA et la controverse autour de FIFA Forward Enterprise
Les louanges d’Eto’o interviennent alors que la relation entre la FIFA et l’UEFA reste tendue. L’instance européenne s’est opposée à la proposition, désormais abandonnée, de transférer certains droits commerciaux à une filiale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE) impliquant des investisseurs externes. Malgré le retrait officiel du projet, l’UEFA a poursuivi ses réserves et a demandé à un tribunal américain l’autorisation d’obtenir des preuves en vue d’une éventuelle plainte pénale en Suisse visant des responsables de la FIFA. Cette confrontation met en lumière des priorités divergentes : la recherche de nouvelles sources de financement et de gouvernance d’un côté, et la méfiance vis-à-vis des mécanismes proposés de l’autre.
Finances des fédérations africaines et conséquences structurelles
Eto’o a insisté sur le contraste budgétaire entre certaines fédérations africaines et les grandes nations du football. Il a donné l’exemple de fédérations qui fonctionnent avec des budgets annuels très limités — citant notamment des montants autour de 150 000 euros — et a souligné la difficulté de rivaliser sur ce fondement. Cette précarité financière réduit la capacité des fédérations à investir dans la formation, les infrastructures, les compétitions nationales et la détection des talents. Elle rend également les structures dépendantes du financement public, ce qui complexifie la gouvernance et la planification à long terme.
Perte de talents et cas des joueurs à double nationalité
Eto’o a lié directement ces contraintes budgétaires aux choix de nationalité de certains joueurs issus de familles africaines. Il a affirmé que, si le Cameroun avait disposé d’un budget annuel significatif — citant les ordres de grandeur de 20 à 40 millions de dollars —, le pays aurait pu convaincre des joueurs comme Kylian Mbappé ou Aurélien Tchouameni, qui ont des liens familiaux avec le Cameroun, de porter ses couleurs. Cette remarque souligne le rôle des moyens financiers dans les politiques de recrutement, la formation et la fidélisation des joueurs de haut niveau, en particulier ceux privilégiés par des systèmes européens mieux dotés.
L’appel d’Eto’o combine donc défense du travail accompli par la FIFA sous la présidence d’Infantino et critique des inégalités persistantes entre confédérations. Il propose implicitement une double voie : reconnaître les avancées institutionnelles qui ont favorisé l’accès des nations africaines aux grandes compétitions, tout en intensifiant les efforts pour renforcer les budgets et les capacités des fédérations locales. Avec l’annonce d’Infantino de briguer un nouveau mandat lors du Congrès de la FIFA prévu le 18 mars 2027, les discussions sur la gouvernance, la redistribution des ressources et la souveraineté des confédérations resteront au cœur des débats internationaux du football.