Étude BMJ : l’accord pharmaceutique États‑Unis‑Royaume‑Uni menacerait le NHS entraînant 229 000 décès
Accord pharmaceutique UK‑États‑Unis : une étude alerte sur 229 000 décès excédentaires liés au financement du NHS
Une étude du BMJ alerte: l’accord pharmaceutique Royaume‑Uni–États‑Unis risque de détourner des ressources du NHS et causer 229 000 décès excédentaires d’ici 2036.
Une recherche publiée dans le British Medical Journal conclut que l’accord pharmaceutique conclu entre le Royaume‑Uni et les États‑Unis pourrait entraîner des conséquences sanitaires majeures en détournant des ressources du National Health Service (NHS). Selon l’analyse, l’engagement britannique d’augmenter les dépenses en nouveaux médicaments de marque, sans financement supplémentaire pour le service public, créerait des coûts d’opportunité importants et se traduirait par des milliers de décès en excès au cours de la prochaine décennie.
Contenu de l’accord américano‑britannique
Le pacte prévoit une exemption des droits de douane américains sur les exportations pharmaceutiques et les technologies médicales britanniques pour une période définie, et, en contrepartie, une augmentation des dépenses britanniques en nouveaux médicaments. Les termes incluent un objectif selon lequel les dépenses consacrées aux nouveaux médicaments doivent passer d’environ 0,3 % du PIB en 2026 à au moins 0,6 % d’ici 2036, ce qui porterait la part des médicaments à 10–12 % du budget total du NHS.
Modélisation financière et projection des coûts
La modélisation financière incluse dans l’étude prévoit une hausse progressive des dépenses annuelles du NHS pour atteindre environ 1,3 milliard de livres supplémentaires par an d’ici 2028, puis 8,8 milliards de livres par an d’ici 2036. Sur la durée de l’engagement, ces montants s’accumuleraient pour représenter plusieurs dizaines de milliards de livres. Les auteurs soulignent que ces sommes devront être absorbées à l’intérieur des enveloppes existantes du service de santé, sans apport budgétaire supplémentaire du Trésor, ce qui libérerait moins de marges pour d’autres services cliniques et préventifs.
Effets attendus sur la mortalité et la protection sociale
L’étude calcule qu’en se limitant aux effets directs d’un retrait de ressources du NHS, l’accord pourrait provoquer environ 229 000 décès excédentaires d’ici 2036 — un chiffre supérieur au nombre de morts imputés à la pandémie de COVID‑19 sur une période comparable. Si l’on intègre les effets indirects sur la protection sociale pour adultes, en raison d’une aggravation de la morbidité liée aux coupes budgétaires, le total projeté monte à environ 291 000 décès excédentaires. Les auteurs détaillent également une augmentation des coûts pour les services sociaux locaux à mesure que la santé publique se dégrade.
Secteurs de soins les plus vulnérables
La modélisation identifie les maladies cardiovasculaires, respiratoires, gastro‑intestinales et certains cancers comme responsables de la majeure partie de l’excès de mortalité attendu. L’étude signale aussi une détérioration attendue de la qualité de vie et des résultats pour des affections neurologiques, endocriniennes, musculo‑squelettiques et mentales si des fonds sont redirigés vers l’achat de nouveaux médicaments de marque au détriment des soins courants et de la prévention.
Arguments officiels et contre‑arguments des chercheurs
Les promoteurs de l’accord affirment qu’il facilitera l’accès des patients à des traitements innovants et stimulera le secteur national des sciences de la vie en offrant un droit de douane de zéro pour cent sur certaines exportations. Les chercheurs contestent ces promesses, estimant que le Royaume‑Uni représente une part limitée du marché mondial de la R&D pharmaceutique et que les prix nationaux ont peu d’influence sur les décisions d’investissement globales. Ils mettent en garde contre l’idée que l’achat massif de produits innovants, au prix fort, améliore nécessairement la santé publique globale.
Appels à la transparence et à une évaluation d’impact
Les auteurs de l’étude demandent la publication d’une évaluation d’impact exhaustive et lisible du point de vue sanitaire et budgétaire pour permettre un débat public informé. Ils soulignent que les choix d’allocation budgétaire — et les coûts d’opportunité qui en découlent — sont des décisions politiques claires qui exigent une justification publique et des chiffres précis afin d’évaluer la valeur réelle de l’accord pour la population.
L’étude alerte donc sur un arbitrage budgétaire potentiellement lourd : favoriser l’acquisition de nouveaux médicaments de marque sans accroissement net des moyens du NHS pourrait améliorer l’accès à certains traitements tout en réduisant, selon les projections, la capacité du système à prévenir et traiter d’autres pathologies courantes, avec un coût en vies humaines considérable.