Exploitation de saisonniers marocains en Trentin: 790 514 € saisis après enquête
Italie: neuf travailleurs marocains auraient été extorqués pour convertir des permis saisonniers, saisie préventive de 790 514 €
Neuf Marocains auraient payé jusqu’à 5 000 € chacun pour convertir des permis saisonniers en Italie; la justice a ordonné la saisie préventive de 790 514 €.
Les autorités italiennes enquêtent sur une affaire d’extorsion et d’exploitation de travailleurs saisonniers dans la région du Trentin. Neuf ouvriers marocains seraient, selon les éléments révélés le 21 octobre 2026, la cible d’une demande de paiement variant entre 4 000 et 5 000 euros chacun pour la conversion de leurs permis saisonniers en permis de séjour pour travail salarié. La procédure de conversion relève d’une démarche gratuite prévue par le « Decreto Flussi », ce qui rend la demande d’argent illégitime au regard des règles en vigueur. Les enquêtes montrent également que des pressions ont été exercées sur les travailleurs, avec la menace de perdre leur emploi, leur logement et leur droit de séjour en cas de refus.
Montant réclamé et modalités alléguées
Les neuf travailleurs marocains auraient été contraints de verser des sommes importantes — de 4 000 à 5 000 € par personne — pour une formalité administrative qui devait être gratuite. En complément, des prélèvements et facturations domestiques ont été appliqués aux saisonniers : 3 € par nuit pour un hébergement considéré vétuste, 100 € pour une couverture et un oreiller, et 5 € pour des services de transport et des courses. Ces charges venaient s’ajouter à des rémunérations inférieures aux minima légaux, selon les constats transmis aux enquêteurs.
Conditions de travail et période visée par l’enquête
L’instruction couvre la période 2018–2024 et porte sur deux exploitations agricoles du Trentin. Au total, 84 saisonniers originaires de six pays auraient été soumis à des horaires excessifs et à des payes sous le seuil légal. Les pratiques collectives décrites par les enquêteurs incluent non seulement des retenues financières illégitimes, mais aussi l’isolement et la dépendance des travailleurs vis-à-vis de l’employeur pour le logement et le transport, accroissant ainsi leur vulnérabilité.
Acteurs visés par l’enquête
L’enquête identifie comme principaux suspects un entrepreneur agricole du Trentin et cinq membres de sa famille. Ils sont poursuivis notamment pour organisation de l’exploitation de travailleurs et escroquerie. Les investigations cherchent à établir la responsabilité pénale des personnes mises en cause, la chronologie des faits et l’existence d’un système organisé visant à tirer profit de la précarité des saisonniers.
Évaluation financière et mesure judiciaire
Les enquêteurs ont évalué à 753 014 € les salaires et cotisations non versés aux travailleurs pendant la période visée. En ajoutant les 37 500 € que les neuf Marocains auraient versés pour la conversion de leurs permis, le montant total atteint 790 514 €. Un juge à Trente a ordonné la saisie préventive de cette somme en vue d’une éventuelle confiscation, mesure destinée à garantir la réparation éventuelle du préjudice subi par les victimes et à empêcher la dissipation des avoirs en attendant l’issue de la procédure pénale.
Impacts sur les travailleurs et enjeux sociaux
Les faits allégués soulignent la fragilité des saisonniers étrangers, dépendant souvent de l’employeur pour l’hébergement et l’emploi. L’imposition de frais pour des démarches gratuites, combinée à des retenues sur salaire et des conditions de travail dégradées, accroît le risque d’exploitation et prive les victimes de recours effectifs. Les autorités mettent l’accent sur la nécessité d’informer les travailleurs de leurs droits et de renforcer la surveillance des filières agricoles où la demande de main-d’œuvre saisonnière est élevée.
La procédure reste en cours; la saisie préventive vise à préserver des actifs en vue d’une éventuelle réparation, et les inculpations annoncées traduisent la volonté des autorités d’investiguer des réseaux d’exploitation. Les suites judiciaires détermineront la réalité des accusations et, le cas échéant, les réparations pour les personnes concernées.