Exportations marocaines +8,7% à fin avril 2026, automobile et aéronautique en tête
Exportations marocaines +8,7% à fin avril 2026 : l’automobile tire la croissance
Les exportations marocaines atteignent 168,85 milliards de dirhams à fin avril 2026 (+8,7%). Boom de l’automobile et de l’aéronautique, contrastes sectoriels.
L’économie marocaine affiche une progression des ventes à l’étranger au cours des quatre premiers mois de 2026, avec un total de 168,85 milliards de dirhams à fin avril 2026, soit une hausse de 8,7% en glissement annuel. Cette dynamique est portée principalement par le secteur automobile, soutenu par des segments de production et d’assemblage en forte expansion, tandis que plusieurs branches industrielles enregistrent des reculs notables.
Bilan chiffré des exportations à fin avril 2026
À fin avril 2026, les exportations du secteur automobile ont atteint 58,28 milliards de dirhams, en augmentation de 18,6% par rapport à la même période de 2025. La hausse globale des ventes à l’extérieur contraste avec des performances sectorielles hétérogènes : certains secteurs connaissent des replis, d’autres retrouvent une trajectoire positive après des périodes difficiles.
Construction automobile et câblage : moteurs de la progression
La croissance du secteur automobile s’explique par la progression des activités de construction automobile et du câblage. Les exportations liées à la construction automobile ont bondi de 33,5% pour s’établir à 23,88 milliards de dirhams à fin avril 2026. Le segment du câblage, composante majeure des chaînes de valeur automobiles, a contribué de manière substantielle avec une hausse de 16,1% et des ventes s’élevant à 22,09 milliards de dirhams. Ces résultats témoignent de la montée en gamme et de l’intégration croissante des fournisseurs nationaux aux chaînes internationales.
Aéronautique : croissance soutenue par l’assemblage et l’EWIS
Le secteur aéronautique affiche également une performance positive, avec des exportations de 11,03 milliards de dirhams à fin avril 2026, en progression de 15,9% sur un an. L’essor est porté notamment par les activités d’assemblage, dont les ventes ont progressé de 20,7%, et par le segment Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), qui a vu ses exportations augmenter de 6,9%. Cette évolution reflète la consolidation des capacités locales dans des segments à plus forte valeur ajoutée.
Textile, électronique et phosphates en repli
Plusieurs secteurs montrent toutefois des signes de faiblesse. Le textile et cuir accusent une baisse des exportations de 6,7% à fin avril 2026. L’électronique et l’électricité enregistrent un recul de 3,5%, tandis que les phosphates et dérivés voient leurs ventes à l’international diminuer de 1,5%. Ces baisses soulignent des contraintes conjoncturelles et structurelles, telles que la concurrence internationale, les variations de la demande et des coûts de production qui pèsent sur la compétitivité de certaines filières.
Agriculture et agroalimentaire : retour à la croissance modeste
Le secteur agricole et agroalimentaire a renoué avec une croissance légère, enregistrant une hausse de 0,8% sur la période. Après une période précédente moins favorable, cette stabilité signale un redressement progressif des ventes à l’étranger pour des produits agroalimentaires sélectionnés, mais la croissance reste timide comparée aux performances des secteurs industriels exportateurs.
Implications pour la balance commerciale et perspectives sectorielles
La progression globale des exportations à fin avril 2026 illustre la résilience du commerce extérieur marocain face à des performances sectorielles contrastées. L’élan du secteur automobile et l’amélioration de l’aéronautique contribuent à diversifier la structure des exportations et à accroître la valeur ajoutée industrielle. En revanche, les reculs dans le textile, l’électronique et les phosphates appellent des mesures ciblées pour restaurer la compétitivité : montée en gamme, soutien aux circuits d’exportation, adaptation aux normes internationales et accompagnement des PME exportatrices.
La tendance observée sur les quatre premiers mois de 2026 pose aussi la question des facteurs externes — évolution de la demande mondiale, prix des matières premières et environnement logistique — et internes — coût de l’énergie, productivité et formation — qui influenceront la trajectoire des exportations pour le reste de l’année. Les responsables économiques et les acteurs privés devront concilier actions court terme pour soutenir les filières en difficulté et stratégies long terme pour renforcer les chaînes de valeur locales.
Les chiffres à fin avril 2026 montrent un mouvement net vers l’industrialisation exportatrice, porté par l’automobile et l’aéronautique, tout en rappelant la nécessité d’une politique industrielle adaptative pour corriger les déséquilibres sectoriels et soutenir une croissance des exportations plus large et durable.