Fitch met en garde contre les risques budgétaires liés aux grands projets au Maroc
Fitch souligne que “le principal risque pour les perspectives financières reste le dépassement des dépenses d’infrastructures prévues”, précisant que “le Maroc s’apprête à lancer de nombreux grands projets pour accueillir la Coupe du monde 2030, notamment la construction d’aéroports, de chemins de fer, ainsi que d’installations sportives, hydrauliques et énergétiques”. Pour l’agence, le coût de ces projets représente environ 18% du PIB, mais ne devrait pas peser sur le budget central, dont la grande partie devrait être financée par des partenariats public-privé. Et de prévenir : « L’extension des garanties accordées aux établissements publics ou l’augmentation des dépenses directes de l’Etat pour ces projets pourraient représenter un risque pour la trajectoire de maîtrise des finances publiques prévue par l’agence dans son scénario de référence ».
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Dans son rapport, Fitch note que “le projet de budget 2026 indique que les autorités n’envisagent pas d’augmenter brusquement les dépenses en réponse aux troubles sociaux de septembre 2025”, précisant que “cela réduit l’un des risques financiers identifiés lors de la confirmation de la notation du Maroc à BB+ avec perspective stable en septembre dernier”. Le rapport rappelle que les manifestations de jeunes lancées par le collectif GenZ 212 fin septembre dernier sont “les plus importantes depuis celles de 2011-2012”, soulignant que “Fitch ne les considère pas comme une menace majeure pour la stabilité politique”.
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Fitch note que le projet de loi de finances 2026 prévoit un déficit budgétaire de 3 % du produit intérieur brut (PIB), en baisse par rapport aux prévisions de 3,6 % pour 2025. « Les dépenses totales devraient diminuer à 26,8 % du PIB, contre 27,6 % dans la loi de finances 2025 », indique le rapport, ajoutant que les investissements en capital restent relativement stables. Cette tendance devrait maintenir le taux d’endettement public autour de 66% du PIB en 2026, contre 67% en 2025, tout en restant au-dessus de la moyenne des pays BB, qui se situe autour de 52% en 2027.
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Le PLF-2026 prévoit également une légère baisse des recettes totales à 23,8% du PIB en 2026, contre 24% prévus en 2025. Le gouvernement s’attend toutefois à une hausse modérée des recettes fiscales en 2026, tirée par une hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés d’environ 0,8 point de PIB, « traduisant les mesures de mobilisation des ressources ». Selon le rapport, « cette hausse sera compensée par une baisse d’environ 1 point de PIB des recettes non fiscales, liée à la réduction par le gouvernement du recours aux mécanismes de « financements innovants », généralement basés sur la vente et la réallocation d’actifs publics.
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Ces mécanismes « ont permis de compenser des recettes inférieures aux prévisions ou des dépenses supérieures aux estimations, tout en ménageant le temps nécessaire à la mise en œuvre des réformes », prévient Fitch, qui note que « ces financements sont souvent temporaires ou ponctuels ». L’agence de notation souligne que « le recours à des sources de revenus plus durables renforcerait la solidité du contrôle des finances publiques ». Il note en outre que “la trajectoire budgétaire pour 2026 est étroitement alignée sur les prévisions précédentes des autorités – par exemple, les estimations triennales publiées fin 2024 prévoyaient déjà un déficit de 3% du PIB en 2026”, ce qui montre que “les protestations n’ont pas eu d’impact significatif sur les plans financiers du gouvernement”.