Frappes aériennes israéliennes persistent au sud du Liban malgré l’accord américano-iranien imminent
Israël multiplie les frappes au sud-Liban malgré un accord américano-iranien imminent
Accord américano-iranien en vue: les frappes israéliennes se poursuivent au sud-Liban, bilan humain lourd, déplacements massifs et risques d’escalade persistent.
Les frappes aériennes israéliennes ont continué de toucher des zones du sud du Liban alors qu’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran devait être officiellement signé vendredi, sans que les violences ne cessent complètement. Des attaques de drones ont frappé la ville de Tyr à plusieurs reprises, causant des blessés, et un autre drone a ciblé le district de Bint Jbeil, dans le gouvernorat de Nabatieh. Dans la même zone, des raids ont visé la périphérie de Kfar Tebnit, la localité de Nabatieh al-Fawqa et des hauteurs stratégiques proches, multipliant les dégâts matériels et les risques pour les civils.
Frappes répétées malgré la décrue relative
Bien que le volume global d’échanges d’artillerie ait diminué depuis l’annonce de l’accord, les opérations aériennes et l’emploi de drones n’ont pas cessé. Une série d’attaques récentes a causé des victimes civiles, notamment lors de frappes sur des véhicules à Nabatieh la veille, où au moins quatre personnes ont été tuées. Les incidents confirment que la décrue des tirs ne se traduit pas par un arrêt complet des opérations offensives au sol et dans les airs.
Concentration des combats autour de Nabatieh
Les combats se concentrent principalement au sud, autour de Nabatieh et de ses environs, où les forces offensives cherchent à contrôler des hauteurs jugées stratégiques. Cette recherche de positions élevées alimente les frappes et les contre-attaques, accentuant le risque d’affrontements localisés. Plusieurs localités ont été soumises à des raids successifs, rendant le retour des habitants incertain malgré des mouvements épisodiques de rapatriement.
Ripostes et intensité des échanges d’artillerie
Les militances armées ont riposté ponctuellement par des tirs de roquettes dirigés contre des positions militaires adverses, avec au moins dix projectiles lancés depuis le sud du Liban vers des forces opérant à proximité de Kfar Tebnit. Sur une semaine de comparaison, le nombre total de projectiles échangés est passé de 705 à 174, une baisse nette mais insuffisante pour parler d’un cessez-le-feu effectif : la grande majorité des tirs enregistrés restent attribués aux forces offensives.
Enjeux politiques autour de l’accord américano-iranien
La situation au Liban figure parmi les points sensibles liés à la mise en œuvre du futur accord. L’une des exigences avancées pour aller de l’avant reste le retrait des forces occupant le territoire libanais, la présence militaire sur le sol du pays étant perçue comme un obstacle majeur à la stabilisation régionale. L’évolution du dossier libanais influence directement la confiance entre les parties et la capacité de l’accord à produire un apaisement durable sur plusieurs fronts.
Accusations de déplacements forcés et bilan humain
Des ordres de déplacement massif de populations et des interdictions de retour dans certaines zones ont été dénoncés comme susceptibles de constituer des violations graves du droit international humanitaire. Des pans du territoire libanais ont été classés comme « zones interdites » pour les civils, représentant plusieurs pourcentages du pays à différentes dates (environ 4,6 % établis fin novembre 2024, puis étendus à près de 6 % au printemps suivant). L’offensive à grande échelle menée depuis le 2 mars a entraîné un lourd bilan humain : plusieurs milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
La persistance des frappes, le déplacement de populations et la concentration des opérations autour de territoires stratégiques compliquent la mise en œuvre d’un accord régional qui vise à ramener la paix sur plusieurs fronts. Tant que les mouvements militaires continueront et que les zones interdites resteront en vigueur, la population civile restera exposée, et la confiance entre les parties se révélera difficile à consolider.