Gambie : Barrow annonce 24 MW et 50 MW solaire pour apaiser la crise électrique
Gambie : Barrow annonce 24 MW et une ferme solaire de 50 MW après des manifestations contre les coupures
Crise électrique en Gambie : Adama Barrow annonce 24 MW supplémentaires et une ferme solaire de 50 MW pour calmer les manifestations liées aux coupures.
Le président gambien Adama Barrow a déclaré le 9 septembre 2026 que le gouvernement allait accélérer l’approvisionnement en énergie pour répondre à une crise électrique qui a déclenché des manifestations violentes dans la capitale et ses environs. Les annonces visent à réduire la fréquence et la durée des coupures qui ont atteint jusqu’à 48 heures dans certaines zones pendant la saison chaude, provoquant colère et blocages routiers. Barrow a qualifié la situation d’urgence et a annoncé l’installation d’une machine de production de 24 mégawatts d’ici la fin octobre, ainsi que le lancement prochain d’une centrale solaire de 50 mégawatts.
Manifestations et mobilisation dans les rues
Des manifestants ont incendié des pneus et dressé des barricades à Banjul et dans des localités voisines, paralysant la circulation et forçant la police à intervenir. Les forces de l’ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser des rassemblements autour de la résidence présidentielle et du siège du fournisseur national d’électricité. Les protestataires réclament notamment la démission du chef de l’État, dénoncent l’ampleur des pannes et dénoncent l’impact sur leur quotidien, en particulier durant les vagues de chaleur où l’absence d’électricité aggrave les conditions de vie.
Mesures annoncées par la présidence
Lors d’une visite dans une centrale de la National Water and Electricity Corporation (NAWEC), M. Barrow a présenté les nouvelles mesures : une unité de production de 24 MW à installer d’ici fin octobre et le lancement imminent d’une centrale solaire de 50 MW. Le président a décrit la crise comme un “problème de sécurité nationale” et a tenté de rassurer la population en détaillant un calendrier serré pour le déploiement des moyens supplémentaires. Ces engagements visent à accroître la capacité de production domestique et à diversifier les sources d’énergie pour améliorer la résilience du réseau.
Explications techniques et causes évoquées par NAWEC
La NAWEC a évoqué plusieurs facteurs contribuant aux pannes prolongées, dont une hausse imprévue de la demande liée aux températures élevées et des contraintes d’approvisionnement. La direction de l’entreprise a également lié partiellement la situation à des phénomènes climatiques et à des perturbations géopolitiques internationales susceptibles d’affecter la chaîne d’approvisionnement en équipements et combustibles. Ces explications mettent en lumière la combinaison de problèmes structurels — capacité insuffisante, dépendance à des intrants externes et gestion de la demande — qui rendent le système vulnérable en période de forte chaleur.
Conséquences économiques et sociales des coupures
Les interruptions répétées de l’électricité affectent directement les ménages, les établissements de santé, les commerces et les écoles. Les familles signalent la détérioration rapide des denrées alimentaires, des difficultés pour maintenir la chaîne du froid et la nécessité d’acheter du carburant pour des groupes électrogènes coûteux. Les secteurs économiques dépendants d’une alimentation électrique stable subissent des pertes de production et des coûts supplémentaires. À court terme, la restauration du courant pourrait atténuer les tensions sociales, mais des investissements soutenus et une planification à long terme seront nécessaires pour stabiliser l’approvisionnement.
Contexte politique à l’approche de l’élection présidentielle
La crise intervient quelques mois avant l’élection présidentielle prévue en décembre 2026, lors de laquelle Adama Barrow brigue un troisième mandat. L’escalade des manifestations accroît la pression politique sur le gouvernement et fait de la gestion de l’électricité un enjeu central du débat public. Les annonces sur les capacités additionnelles et le calendrier des travaux seront scrutées par l’opposition et les électeurs, qui attendent des améliorations tangibles avant le scrutin. La manière dont les engagements seront mis en œuvre pourra influencer l’équilibre politique dans les semaines à venir.
La mise en service rapide de la nouvelle unité de 24 MW et le lancement du projet solaire de 50 MW constituent des réponses immédiates à une crise qui a mis en lumière la fragilité des infrastructures énergétiques gambiennes; la réussite de ces mesures dépendra désormais de leur exécution technique, de la mobilisation des financements et de la capacité des autorités à restaurer la confiance de la population.