Gaza : le gardien palestinien Saleem Khader al-Ashqar tué en allant chercher du gaz
Un gardien palestinien tué à al-Qarara : le football de Gaza sous le choc
Saleem Khader al-Ashqar, gardien de 32 ans, a été abattu à al-Qarara; la Fédération palestinienne de football déplore plus de 1 000 pertes dans le milieu du football depuis octobre 2023.
Saleem Khader al-Ashqar, gardien de but âgé de 32 ans, a été tué par balle alors qu’il sortait chercher une bouteille de gaz pour sa femme enceinte, a appris la famille. L’incident s’est produit à al-Qarara, au nord-est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Sa mort a été confirmée par des responsables locaux et soulève une vive émotion au sein de la communauté sportive palestinienne, déjà lourdement touchée par le conflit.
Le décès et les circonstances
Selon le récit des proches, al-Ashqar est sorti de chez lui lundi dernier pour répondre à une demande domestique — se procurer du gaz de cuisine — et n’est jamais revenu. Son oncle, le capitaine Farid Al-Ashqar, a déclaré que les forces israéliennes l’avaient atteint par balles. La famille a indiqué qu’il laissait derrière lui sa jeune épouse et qu’ils attendaient leur premier enfant. La date de son mariage a été signalée comme le 26 janvier 2026.
Profil et parcours sportif
Formé et actif dans le football local, Saleem al-Ashqar avait fait carrière comme gardien pour plusieurs clubs de la région, notamment Al-Aqsa, Shabab Khan Younis, Al-Masdar et Khadamat Khan Younis. Dès son plus jeune âge, il aspirait à représenter la sélection nationale palestinienne. Son oncle rappelle ses paroles lors des négociations de contrat : “Je n’ai pas besoin d’argent ; je dois être un joueur qui représente ma patrie, mon peuple et l’État de Palestine.” Ces propos reflètent, selon la famille, son attachement au football comme vecteur d’identité et de solidarité.
Impact sur le club Khadamat Khan Younis
La direction et les membres du club Khadamat Khan Younis ont exprimé leur consternation. Abdulghani al-Sheikh, président du club, a qualifié la nouvelle de “choquante et dure” pour les joueurs, le personnel et les supporters. Il a souligné que la perte d’al-Ashqar est ressentie non seulement comme la disparition d’un joueur, mais comme la perte d’un modèle pour les jeunes générations. Le club déplore par ailleurs des dommages importants à ses infrastructures, endommagées par les bombardements qui ont touché plusieurs installations sportives dans la bande de Gaza.
Bilan humain dans le football palestinien
La Fédération palestinienne de football (PFA) a fait état d’un bilan élevé parmi les membres de la communauté sportive. La PFA indique qu’environ 1 009 membres du monde du football ont été tués depuis le début du conflit et précise que 567 personnes liées au secteur ont été tuées depuis le 7 octobre 2023. Ces chiffres, avancés par la fédération, illustrent l’ampleur des pertes humaines qui affectent joueurs, officiels et personnels administratifs.
Appels et réactions face au silence international
Parmi les réactions, le capitaine Farid a lancé un message aux instances internationales du football, en particulier à la FIFA et aux fédérations, dénonçant leur silence perçu face aux attaques répétées contre les acteurs du sport à Gaza. Il a également évoqué la décision du président de la PFA, Jibril Rajoub, de ne pas participer à la Coupe du monde comme un geste illustrant un sentiment de discrimination et de frustration. Ces appels traduisent une demande de prise de position plus visible des organisations sportives internationales.
Efforts de reprise et reconstruction sportive
Malgré les pertes humaines et matérielles, la communauté du football à Gaza multiplie les initiatives pour maintenir l’activité sportive. La PFA a organisé des tournois locaux pour les divisions premières et jeunes, en utilisant les ressources disponibles et les terrains encore praticables. Khadamat Khan Younis a entrepris de réparer une salle de sport couverte endommagée, avec le soutien de la population locale, pour offrir à nouveau un espace aux jeunes. Le président al-Sheikh insiste sur la nécessité de “reconstruire l’humain” autant que les infrastructures, affirmant que pérenniser la pratique du football est l’une des façons de rendre hommage aux disparus.
La mort de Saleem Khader al-Ashqar résonne ainsi comme un drame personnel et comme un épisode supplémentaire dans la série de pertes qui frappent le sport palestinien. Sa famille, son club et la fédération appellent à la mémoire des victimes et à la continuité des efforts pour préserver le football comme refuge et moteur de reconstruction sociale dans la bande de Gaza.