Gaza sous la tempête hivernale : camps inondés et 1 500 appels de détresse
Tempête hivernale inonde des milliers de tentes : Gaza lance un appel urgent à l’aide
Une tempête qui a débuté le 7 novembre 2026 a submergé des camps de déplacés à Gaza, provoquant environ 1 500 appels de détresse en 10 heures et un besoin immédiat de centaines de milliers de tentes et de matériel de chauffage.
La première tempête hivernale de la saison a frappé l’enclave assiégée le 7 novembre 2026, provoquant des inondations généralisées dans les campements de déplacés. Les équipes de secours ont reçu près de 1 500 appels d’urgence en l’espace de dix heures et les autorités locales rapportent des niveaux d’eau ayant augmenté de 30 à 40 cm sur plusieurs sites d’hébergement. Des milliers de tentes ont été noyées, des matelas et couvertures ont été trempés, et des familles, dont des nourrissons et des personnes âgées, se retrouvent exposées au froid et aux maladies.
Appels de détresse et capacité de la Défense civile
Les responsables de la Défense civile ont indiqué que leurs équipes étaient submergées par les demandes d’assistance depuis le début des pluies le 7 novembre. Les sauveteurs ont entrepris des évacuations dans plusieurs secteurs, mais ont souligné leur manque de moyens matériels : manque de bâches, de tentes de rechange et d’équipements de protection pour le froid. Les opérations ont surtout privilégié le sauvetage des personnes en danger immédiat, alors que l’aide logistique pour reloger les familles inondées fait défaut.
Effondrements et dommages aux bâtiments fragilisés
La tempête a également provoqué l’effondrement partiel de bâtiments déjà fragilisés par le conflit d’octobre 2023. Dans la zone centrale de Nuseirat, des résidents ont été évacués après l’effondrement partiel d’un immeuble. Dans le nord de l’enclave, la chute d’un mur causée par les pluies a entraîné des blessures. Au-delà des tentes, les habitations endommagées ne résistent pas aux intempéries, multipliant les sinistres matériels et les risques pour les habitants.
Conditions de vie dans les camps et groupes les plus exposés
Des scènes rapportées depuis la ville de Gaza, Khan Younis et Deir el-Balah décrivent des familles pataugeant dans l’eau jusqu’aux chevilles, des enfants pieds nus dans la boue et des couvertures imbibées. Les personnes les plus vulnérables — bébés prématurés, personnes âgées, malades et veuves qui élèvent seules leurs enfants — sont particulièrement exposées aux risques liés au froid et à l’humidité. Les autorités locales estiment que plus de 28 000 veuves se trouvent dans des situations de grande vulnérabilité alors que l’hiver commence.
Concentration côtière et risque d’emportement par la mer
Le long du littoral, la situation est critique : la zone côtière d’al-Mawasi, qui abrite plus de 900 000 personnes déplacées dans le sud de Gaza, a été touchée en continu par la pluie depuis la nuit précédant la tempête. Les autorités locales signalent que plus de 125 000 familles installées le long de la côte courent un risque élevé que leurs tentes soient emportées ou partiellement détruites par l’action combinée des pluies et de la mer.
Besoin humanitaire immédiat et entraves à l’acheminement
Le comité d’urgence local a chiffré à plus d’un million le nombre de personnes déplacées exposées aux dangers de l’hiver et évalué le besoin urgent à environ 200 000 tentes supplémentaires ainsi qu’à du matériel de chauffage. Des stocks importants de tentes — évalués à plusieurs dizaines de milliers — seraient retenus côté égyptien de la frontière, tandis que le rythme d’entrée des camions d’aide dans l’enclave reste inférieur aux engagements humanitaires antérieurs. Ces goulots d’étranglement retardent une réponse rapide et contrent les tentatives d’acheminement massif de fournitures avant la détérioration des conditions météorologiques.
Risques sanitaires et perspectives pour les prochains jours
Les experts locaux alertent sur un risque accru d’infections respiratoires et d’autres maladies liées à l’humidité et à l’insalubrité, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. L’absence de chauffage adéquat et l’exposition prolongée au froid multiplient les menaces sanitaires pendant les semaines à venir. Les secours sont actuellement centrés sur la mise en sécurité des populations, mais la reconstitution d’abris secs et chauffés exigera un apport massif et rapide de matériel.
La tempête du 7 novembre met en lumière l’urgence d’une montée en puissance des livraisons d’aide et d’un accès humanitaire sécurisé afin d’éviter une catastrophe hivernale d’ampleur pour des centaines de milliers de personnes déplacées qui dépendent aujourd’hui de tentes et d’abris temporaires inadaptés aux intempéries.