Gaza : une centaine de restes, dont 60 enfants, enterrés à Zeitoun
Enterrements à Gaza pour environ 100 personnes retrouvées dans les décombres à Zeitoun
À Gaza, des funérailles ont été organisées pour près de cent personnes retrouvées dans les ruines du quartier de Zeitoun; les autorités locales demandent urgemment des équipements lourds et un accès pour extraire des milliers de corps présumés sous les décombres.
Les habitants du nord de la ville de Gaza ont enterré dimanche près d’une centaine de restes humains, dont environ 60 enfants, découverts après des semaines de fouilles dans les bâtiments effondrés du quartier de Zeitoun. Les proches ont transporté ces restes jusqu’au cimetière al‑Ma’madani, au centre de la ville, pour organiser des funérailles collectives. Plusieurs familles attendent depuis longtemps la possibilité d’enterrer leurs disparus dans des lieux qu’elles jugent appropriés.
Découvertes à Zeitoun et contexte des enterrements
Les opérations de recherche et de récupération ont permis d’exhumer les restes retrouvés à Zeitoun après des interventions de défense civile et d’équipes familiales sur les sites de bâtiments démolis. Les restes transportés pour l’inhumation étaient souvent partiels: fragments d’os et effets personnels permettant parfois l’identification sommaire, les responsables précisant qu’aucun corps intact n’aurait été retrouvé sur ces sites lors des récentes interventions.
Plusieurs victimes appartiennent à la même grande famille; une maison élargie, identifiée localement comme la famille Malaka, a perdu 55 membres selon les déclarations familiales. Les familles ont exprimé leur attente de pouvoir enterrer leurs proches dans des cimetières reconnus, rappelant que certains terrains funéraires avaient été endommagés ou déterrés pendant le conflit.
Capacités de récupération et besoins en machinerie
Les responsables de la défense civile ont indiqué que le travail de déblaiement est fortement limité par l’absence d’équipements lourds et de matériel de protection pour les secouristes. Le chef du service de défense civile a déclaré que, avec des excavatrices et un appui logistique adéquat, les équipes pourraient entreprendre la récupération d’environ 8 000 corps présumés enfouis et terminer ces opérations en l’espace d’environ 90 jours. En revanche, sans autorisation d’entrée pour ces matériels, le travail risque de durer des années.
Une liste détaillée des équipements nécessaires a été soumise aux organisations internationales, avec la proposition que ces matériels restent sous contrôle international plutôt que d’être directement remis aux équipes locales. Parmi les priorités évoquées figurent de grandes excavatrices, des équipements de protection individuelle et des matériels spécialisés de recherche et de documentation.
Méthodes d’identification et documentation sur le terrain
Les équipes de récupération s’appuient principalement sur les témoignages de survivants et de membres de familles voisines pour déterminer qui se trouvait dans chaque bâtiment au moment des frappes. Une équipe d’ingénieurs accompagne les fouilles pour trier et documenter les découvertes in situ. Les responsables locaux insistent sur la difficulté d’identifier de manière formelle des restes fragmentaires et sur la nécessité de capacités médico‑légales renforcées pour assurer des identifications fiables.
L’absence d’avertissement avant certaines frappes a compliqué le travail de repérage des occupants et accru le nombre de demeures à fouiller pour retrouver d’éventuels disparus. Les autorités locales décrivent des sites encore inaccessibles en raison de contrôles militaires et d’impasses logistiques.
Appels internationaux et inquiétudes sur la préservation des preuves
Un responsable des droits de l’homme des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés a qualifié les scènes observées de rappel brutal de l’ampleur du conflit, notant que certains restes exhumés remontent à novembre 2023. Il a souligné la difficulté d’extraire des corps dans des zones potentiellement sous contrôle militaire et l’urgence de préserver les preuves recueillies pendant cette période sensible.
Les responsables locaux insistent sur l’importance d’un accès sécurisé et d’une coordination internationale pour permettre la restauration rapide des opérations de recherche et la conservation des éléments nécessaires aux procédures d’identification et, le cas échéant, à d’éventuelles démarches judiciaires ou d’enquête.
Bilan des victimes et opérations de récupération antérieures
Le ministère de la Santé de Gaza communique un bilan massivement élevé depuis octobre 2023, avec des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de blessés selon ses chiffes officiels. Des opérations récentes ont déjà permis la récupération de plus d’une centaine de corps dans les familles Abu Shariah et Hassaniya, ainsi que la récupération de plus de 500 corps sur le site de la tour Al‑Taj, selon des responsables locaux impliqués dans les fouilles.
Les autorités sanitaires et civiles locales avertissent que le nombre réel de personnes encore sous les décombres pourrait être bien supérieur et que l’ampleur du travail à accomplir dépendra directement de l’autorisation d’entrée et de l’arrivée rapide des équipements spécialisés réclamés.
La nécessité d’un soutien international coordonné pour accélérer les opérations de déblaiement, protéger les secouristes et permettre des identifications dignes et ordonnées demeure au centre des demandes des autorités et des familles endeuillées, alors que les enterrements collectifs se succèdent et que les recherches se poursuivent dans les zones encore atteintes par les séquelles du conflit.