Glissement de terrain à la mine de coltan de Rubaya plus de 200 morts
Mine de Rubaya : un glissement de terrain fait plus de 200 morts, les chiffres divisent
Un glissement de terrain survenu à la mine de coltan de Rubaya, dans l’est de la République démocratique du Congo, a fait plus de 200 morts selon le ministère des Mines. L’incident, survenu après de fortes pluies, a entraîné l’évacuation des blessés vers des installations médicales de Goma et soulève des contestations sur le nombre de victimes et les causes de l’effondrement. Le bilan officiel du 4 mars 2026 fait état d’environ 70 enfants parmi les personnes décédées ou disparues.
Bilan humain et évacuations
Le 4 mars 2026, les autorités ont annoncé un bilan provisoire dépassant les 200 morts après le glissement de terrain qui a frappé la zone d’extraction artisanale de Rubaya. Le ministère des Mines a précisé que des blessés, dont des enfants, ont été transférés vers des hôpitaux et cliniques de Goma, chef-lieu de la province du Nord‑Kivu. Les services locaux de santé sont engagés dans des opérations de prise en charge d’urgence, mais les capacités restent limitées face à l’ampleur des besoins médicaux et psychosociaux.
Récits contradictoires sur les causes
Les circonstances exactes de l’effondrement sont contestées. Des responsables locaux affirmant contrôler le secteur ont imputé le sinistre à des bombardements, soutenant que le nombre de morts est très inférieur au bilan officiel et évoquant seulement quelques victimes. À l’opposé, des mineurs présents sur le site rapportent avoir participé aux opérations de récupération de plus de 200 corps. Ces témoignages divergents compliquent l’évaluation précise des faits et retardent la mise en place d’un décompte fiable et indépendant.
Contrôle du site et mesures de sécurité
La mine de Rubaya est sous le contrôle d’un groupe armé depuis 2024, selon les autorités locales. Un responsable de la force qui contrôle la zone a indiqué que les opérations minières avaient été suspendues « en attendant la sécurisation de la zone et l’instauration de mesures de protection des mineurs ». Cette suspension intervient après un précédent effondrement fin janvier qui avait déjà fait plus de 200 morts. Les autorités congolaises avaient alors dénoncé l’exploitation illégale, sans normes de sécurité suffisantes, sur des sites soumis à des contrôles réclamant des mesures strictes.
Conditions de travail et risques dans les carrières artisanales
Les carrières artisanales de coltan sont souvent exploitées dans des conditions précaires : instabilité des parois, absence d’équipements de protection collectifs, absence de plans d’évacuation et forte exposition aux intempéries. Les fortes pluies survenues ces derniers jours ont été mentionnées comme facteur aggravant par les autorités locales et certains responsables sur place. L’enchaînement d’effondrements récents met en lumière l’absence de régulation effective et la vulnérabilité des travailleurs, dont de nombreux jeunes et enfants intégrés aux chaînes de production informelles.
Impact sur l’approvisionnement en coltan
Rubaya est une source majeure de coltan, produisant environ 15 % de l’offre mondiale de ce minerai transformé en tantale, matériau critique pour l’industrie électronique. Un arrêt prolongé des activités sur ce site ou une intensification des restrictions pourrait avoir des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, déjà sensibles aux risques géopolitiques et aux contrôles réglementaires. Le site a également été récemment inscrit par le gouvernement congolais dans une liste restreinte d’actifs miniers proposée dans le cadre d’une coopération internationale, ce qui accroît l’attention sur sa gouvernance.
Conséquences humanitaires et appels à l’assistance
Les familles des victimes réclament désormais des réponses claires et des mesures d’assistance. Les besoins immédiats incluent secours médicaux, prise en charge des blessés, identification et restitution des corps, ainsi que soutien psychologique pour les survivants. La présence d’enfants parmi les victimes accentue l’urgence d’une réponse humanitaire adaptée et la nécessité d’enquêtes rapides pour garantir l’accès aux zones touchées et éviter l’obstruction des opérations de secours par des intérêts privés ou des tensions sécuritaires.
Les autorités locales et les acteurs présents sur le terrain font face à la double exigence de sécuriser la zone et d’établir un relevé fiable des victimes. La situation à Rubaya illustre les tensions persistantes entre exploitation minière, contrôle territorial et respect des normes de sécurité, alors que la demande mondiale pour le coltan reste très élevée. Des mesures de prévention, de transparence et de protection des travailleurs sont désormais indispensables pour limiter le risque de nouvelles catastrophes.