Grève à Bunia pour salaires impayés alors que l’Ebola a tué 754 personnes
RDC : Grève du personnel de santé en Ituri alors que l’épidémie d’Ebola fait 754 morts
Ituri (RDC) : des soignants en grève à Bunia pour salaires impayés; l’épidémie d’Ebola Bundibugyo totalise 2 011 cas, 754 décès et un essai antiviral lancé.
La province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, est désormais le théâtre d’une double crise : une épidémie d’Ebola et une mobilisation du personnel soignant. Avec 2 011 cas confirmés et 754 décès, les équipes médicales de l’épicentre ont entamé un mouvement de grève pour dénoncer des salaires impayés et des conditions de travail jugées intolérables, paralysant des services hospitaliers essentiels.
Blocage à l’hôpital général de Bunia
Mercredi, le personnel de l’hôpital général de Bunia a bloqué l’entrée de l’établissement, interrompant l’accueil et certains soins. Les soignants affirment ne pas avoir perçu de rémunération depuis le début de l’épidémie et dénoncent l’absence de soutien matériel et logistique. Le blocage a provoqué des tensions entre le personnel hospitalier et les autorités locales, et a entraîné des retards dans la prise en charge des patients non liés à Ebola.
Grèves antérieures dans la région
La mobilisation de Bunia suit d’autres débrayages dans l’Ituri. Des dizaines de professionnels, dont des épidémiologistes et des fossoyeurs affectés à l’hôpital général de Rwampara, ont déjà cessé le travail, affirmant n’avoir pas été payés depuis plusieurs mois. Ces arrêts collectifs se sont multipliés dans les zones les plus touchées, aggravant la gestion opérationnelle de la riposte et fragilisant davantage un système de santé local déjà sous pression.
Évolution de l’épidémie et caractéristiques du virus
L’épidémie, déclarée le 15 mai 2026, est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. À la différence d’autres souches, pour Bundibugyo il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement validé, ce qui complique la stratégie de contrôle. Les bilans officiels font état de 2 011 cas confirmés et de 754 décès, mais l’Organisation mondiale de la santé a averti que le nombre réel de victimes pourrait être deux à quatre fois supérieur aux chiffres enregistrés, en raison de la sous-notification et des difficultés d’accès à certaines zones.
Réponse internationale et lancement d’un essai antiviral
Face à l’ampleur de la crise, un premier essai clinique visant à tester un médicament antiviral préventif chez les personnes exposées a été lancé le 14 juillet 2026. L’objectif est d’évaluer si la prophylaxie médicamenteuse peut réduire le risque d’infection parmi les contacts à haut risque. Les responsables de santé estiment que si ce traitement s’avère efficace, il pourrait représenter une avancée importante pour prévenir les transmissions de la souche Bundibugyo, même si son déploiement général resterait conditionné aux résultats et à la disponibilité.
Impact sur la riposte sanitaire et les populations
La conjonction entre la grève des soignants et l’intensification de l’épidémie crée un cercle vicieux : les arrêts de travail et les blocages limitent la capacité de dépistage, d’isolement et de prise en charge des cas, ce qui peut favoriser la propagation. Les communautés locales, déjà marquées par la peur et la stigmatisation, subissent des ruptures d’accès aux soins de base. Les équipes de terrain soulignent aussi le manque de moyens pour assurer la sécurité des personnels et des patients, notamment en termes d’équipements de protection et de logistique.
Les autorités sanitaires provinciales et nationales sont sous pression pour résoudre le conflit salarial et garantir un financement régulier des paiements. Les organisations humanitaires présentes sur le terrain ont mis en garde contre l’effondrement des services de santé si les revendications du personnel ne sont pas rapidement satisfaites. Parallèlement, la mise en place et l’évaluation de l’essai antiviral devront respecter des protocoles stricts pour garantir sécurité et éthique, dans un contexte où la confiance des populations est déjà mise à rude épreuve.
La situation en Ituri reste fragile : maîtriser l’épidémie exige à la fois des mesures sanitaires adaptées à la souche Bundibugyo, un soutien financier et logistique aux équipes locales, et un apaisement rapide des tensions sociales provoquées par les salaires impayés. Les prochains jours seront déterminants pour la continuité des soins et l’efficacité de la riposte.