Grève du personnel hospitalier en RDC après retards de paiement, Ebola gagne deux provinces
RDC : grève du personnel à l’hôpital de Rwampara alors que l’Ebola se propage à deux nouvelles provinces
En RDC, le personnel de l’hôpital de Rwampara a lancé une grève le 13 juillet 2026 pour salaires impayés, tandis que l’épidémie d’Ebola s’étend au Haut‑Uélé et à la Tshopo, provoquant un appel à une réponse urgente.
Le 13 juillet 2026, des dizaines d’employés de l’hôpital général de Rwampara, dans la province de l’Ituri, ont cessé le travail, dénonçant des mois de salaires non versés. L’arrêt de l’activité a paralysé l’établissement qui traite des patients infectés par le virus Ebola. La grève intervient au moment même où les autorités sanitaires confirment la propagation du virus à deux autres provinces du nord‑est de la République démocratique du Congo, complexifiant encore la réponse sanitaire.
Grève à l’hôpital de Rwampara pour salaires impayés
Les grévistes comprennent des épidémiologistes, des enquêteurs, des chauffeurs et des fossoyeurs, professions essentielles à la prise en charge et à l’investigation des cas d’Ebola. « Nous ne savons pas comment il est possible de ne pas avoir été payé pendant deux mois », a déclaré Bahati Claude, agent de santé du centre. Selon le personnel, l’absence de rémunération compromet directement la capacité à maintenir des services essentiels, y compris l’isolement, le transport sécurisé des malades et la gestion des corps.
Confirmation de la propagation au Haut‑Uélé et à la Tshopo
L’Institut national de santé publique de la RDC a confirmé que des cas ont été détectés dans les provinces du Haut‑Uélé et de la Tshopo, portant à cinq le nombre de provinces affectées. Les chiffres rapportés indiquent 1 926 cas confirmés et 702 décès. Les autorités ont averti que l’extension géographique augmente les défis logistiques et épidémiologiques, en multipliant les sites nécessitant dépistage, vaccination ciblée et surveillance communautaire.
Obstacles à la riposte : groupes armés et pratiques locales
La lutte contre l’épidémie est entravée par la présence de groupes armés paramilitaires qui contrôlent certaines zones, souvent convoitant l’accès aux ressources minières. Ces tensions sécuritaires compliquent l’acheminement des équipes de santé et du matériel, et exposent le personnel à des risques d’attaque. Par ailleurs, la désinformation, des pratiques funéraires traditionnelles et un déficit de confiance envers les autorités ont entraîné des refus de collaboration de certaines communautés, aggravant la transmission.
Conséquences humanitaires et économiques
L’épidémie a eu des répercussions sociales et économiques majeures. Les agences humanitaires estiment que la crise a plongé près d’un million de personnes dans la pauvreté, en raison des pertes de revenus, des perturbations des marchés et des déplacements de population. Les services de santé déjà fragiles sont mis à rude épreuve par l’augmentation des cas et par la démotivation du personnel lorsqu’il ne perçoit pas ses salaires, réduisant d’autant la capacité d’intervention sur le terrain.
Réponse gouvernementale et appels à la mobilisation internationale
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a indiqué que le gouvernement s’efforce de résoudre les problèmes de paie et de garantir que les versements parviennent aux bons bénéficiaires, reconnaissant des difficultés administratives liées aux listes de paiement. L’Organisation mondiale de la santé a appelé à une réponse accélérée des partenaires locaux, nationaux et internationaux pour maîtriser l’épidémie. Les organisations humanitaires soulignent la nécessité de financements immédiats, d’un soutien logistique et d’une coordination renforcée pour maintenir les chaînes de rémunération et la sécurité des équipes.
Cas internationaux et risque de propagation régionale
La situation a des répercussions au‑delà des frontières : des cas d’éléments liés à l’épidémie ont été signalés en Europe, avec l’admission en Allemagne d’un ressortissant infecté alors qu’il travaillait pour un groupe humanitaire en RDC. Les organisations d’aide avertissent que l’extension du foyer à de nouvelles provinces accroît le risque de propagation vers des pays voisins, notamment le Soudan du Sud, si des mesures de surveillance transfrontalière et des contrôles sanitaires ne sont pas renforcés.
La combinaison d’un personnel soignant exsangue financièrement, de zones sous contrôle armé et de pratiques communautaires non conformes aux protocoles augmente la vulnérabilité de la riposte. La résolution rapide des problèmes de paie et la protection des équipes sur le terrain apparaissent comme des priorités immédiates pour éviter un effondrement supplémentaire des capacités de réponse et limiter la propagation de l’épidémie.