Guelmim-Oued Noun lance un programme pour autonomiser 3 000 femmes artisanes et coopératives
Guelmim-Oued Noun lance un programme de qualification pour 3 000 femmes artisanes
La région de Guelmim-Oued Noun mobilise 20 millions de dirhams pour qualifier près de 3 000 femmes artisanes via 15 incubateurs et un soutien aux coopératives (14 mai)
La région de Guelmim-Oued Noun a lancé, le jeudi 14 mai, un programme régional visant à renforcer l’entrepreneuriat féminin dans les quatre provinces de la région. Portée par la présidente du Conseil régional, Mbarka Bouaida, l’initiative prévoit un dispositif d’accompagnement et de formation destiné aux femmes artisanes et aux coopératives féminines. Le projet, doté d’un budget d’environ 20 millions de dirhams, combine formation, incubation et financement pour favoriser la création d’entreprises et la dynamisation de l’économie solidaire locale.
Objectifs et ambitions du programme
L’objectif affiché est d’accompagner près de 3 000 femmes vers la création d’entreprises ou de coopératives, en renforçant à la fois les compétences techniques et les capacités entrepreneuriales. Le programme mise sur la qualification professionnelle des artisanes, le transfert de savoir-faire et l’accès à des mécanismes de financement adaptés. La présidente du Conseil régional s’est rendue dans plusieurs associations sélectionnées pour jouer le rôle d’incubateurs et former les bénéficiaires à l’esprit entrepreneurial, signalant la volonté de faire converger ressources locales et appui institutionnel.
Organisation territoriale et sélection des incubateurs
Le dispositif s’articule autour de quinze incubateurs retenus après un processus de sélection mené dans les quatre provinces de la région. Ces structures locales, choisies pour leur capacité d’accompagnement, auront pour mission de dispenser des formations, d’encadrer l’élaboration des études préalables et d’accompagner la mise en place des projets. Le déploiement territorial vise à garantir un accès équitable aux actions de formation et à adapter les contenus aux réalités économiques et culturelles de chaque province.
Financement et partenaires mobilisés
Le budget alloué au programme s’élève à environ 20 millions de dirhams. Outre le Conseil régional et la wilaya de Guelmim-Oued Noun, plusieurs partenaires institutionnels sont impliqués, parmi lesquels le ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, l’Entraide nationale et l’Agence de développement social (ADS). Ces acteurs interviendront tant sur les volets financiers que techniques, en appui aux incubateurs pour structurer l’offre de services et sécuriser les voies d’accès au financement des projets portés par les femmes.
Modalités d’accompagnement et contenus de formation
Le programme associe des actions de renforcement de compétences dites « soft skills » et des formations techniques adaptées aux métiers de l’artisanat. Les incubateurs assureront des modules sur l’esprit d’entreprise, la gestion comptable, le marketing, la commercialisation et l’étude de faisabilité des projets. Le coordinateur régional de l’ADS, Abdellah Brik, a précisé : « Notre rôle est d’accompagner les incubateurs afin qu’ils assurent le transfert du savoir-faire auprès des femmes. L’objectif est de dynamiser l’économie solidaire dans la région, mais aussi de financer un ensemble de projets portés par des femmes. »
Rôle des structures locales et retours des partenaires
Les associations et réseaux sélectionnés comme incubateurs sont invités à jouer un rôle actif dans l’accompagnement individualisé des bénéficiaires. Youssef Ellouxe, président du Réseau esprit d’initiative de l’économie sociale et solidaire, a souligné l’approche pratique adoptée : « Nous accompagnons ces femmes pour renforcer leurs soft skills, mais aussi pour les assister dans la réalisation des études préalables au lancement de leurs projets. » Les structures s’engagent à fournir un suivi post-formation pour faciliter l’accès aux marchés locaux et régionaux.
Les premières phases du programme incluront des diagnostics territoriaux, la constitution de groupes de travail locaux et la mise en place d’un calendrier de formations. L’accent sera mis sur la transférabilité des compétences et sur la création de synergies entre coopératives, artisans et circuits de commercialisation existants.
Ce lancement marque une étape importante pour l’économie solidaire dans la région de Guelmim-Oued Noun, en ciblant des leviers concrets pour l’autonomisation économique des femmes et la structuration de l’artisanat local. Le suivi de la mise en œuvre et l’évaluation des résultats seront déterminants pour mesurer l’impact du dispositif sur l’emploi féminin, le développement des coopératives et la résilience économique des territoires concernés.