Guelmim-Oued Noun veut devenir capitale mondiale de l’hydrogène vert, déclare Bouaida
Guelmim-Oued Noun se positionne comme « capitale mondiale » de l’hydrogène vert avec plusieurs projets milliardaires
Guelmim-Oued Noun vise à devenir une capitale mondiale de l’hydrogène vert: 4–5 projets milliardaires, Gon H2 Valley, usine de polysilicium et port à Tan‑Tan.
Mbarka Bouaida, présidente du Conseil régional de Guelmim-Oued Noun, a présenté une feuille de route ambitieuse visant à transformer la région en un pôle mondial de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables. Selon ses déclarations, quatre à cinq projets de très grande envergure, évalués à plusieurs milliards de dollars, sont programmés dans le territoire. À titre d’exemple, elle a cité la signature, en présence de Sa Majesté, d’un important projet porté par TotalEnergies avec des fonds d’investissement allemands, ainsi qu’un projet d’unité de production de polysilicium à Tan‑Tan.
Vision régionale pour l’hydrogène vert
La stratégie déclarée vise à faire de Guelmim-Oued Noun une « vraie capitale mondiale » de l’hydrogène vert en s’appuyant sur un bouquet d’investissements lourds et sur des infrastructures dédiées. Le projet repose sur l’articulation entre ressources renouvelables locales (vent, solaire), capacités industrielles naissantes et corridors logistiques vers les marchés exportateurs. La présidente régionale insiste sur l’importance d’une vision stratégique coordonnée entre acteurs publics et privés pour concrétiser ces ambitions.
Quatre à cinq projets XXL annoncés
Mbarka Bouaida a évalué à « 4 à 5 » le nombre de grands projets à réaliser dans la région, chacun ayant des montants attendus en milliards de dollars. Parmi eux, la coopération avec TotalEnergies et des investisseurs allemands figure comme un jalon majeur. Ces projets couvriraient des segments variés : production d’hydrogène vert, électrolyse à grande échelle, infrastructures de stockage, et équipements connexes. L’ampleur financière annoncée laisse entrevoir une transformation industrielle et énergétique profonde du territoire.
Gon H2 Valley : un laboratoire industriel à Tan‑Tan
Le projet Gon H2 Valley, qui doit s’implanter dans la zone d’activité économique de Tan‑Tan, voit ses premiers travaux lancés. L’objectif déclaré est d’en faire un pôle d’essais et de démonstration, accueillant des petits projets pilotes d’hydrogène vert menés en partenariat avec des opérateurs privés et des institutions publiques. Ce type de cluster doit permettre de valider des chaînes de valeur innovantes à échelle réduite avant une montée en charge industrielle, facilitant ainsi le transfert de technologies et la formation de compétences locales.
Usine de polysilicium et montée en gamme industrielle
Parmi les initiatives citées figure un projet d’unité de production de polysilicium à Tan‑Tan. Le polysilicium est un composant-clé pour la fabrication de panneaux photovoltaïques et pour certaines applications électroniques ; sa production locale renforcerait la chaîne de valeur des énergies renouvelables en réduisant les dépendances d’approvisionnement. L’implantation d’une telle usine pourrait aussi favoriser des activités annexes — fabrication de modules solaires, intégration dans des systèmes d’électrification verte — et ainsi accroître la valeur ajoutée locale.
Port de Tan‑Tan : maillon essentiel de la chaîne
Pour assurer l’accompagnement logistique de ces projets, la présidente régionale plaide pour la construction d’un nouveau port moderne à Tan‑Tan, inscrit au Plan de développement régional. Elle estime qu’un port de dernière génération s’inscrit dans la vision royale relative au développement des infrastructures portuaires et qu’il serait « un maillon essentiel dans la chaîne de production de l’hydrogène vert ». Un port adapté faciliterait l’exportation d’hydrogène, d’ammoniac vert ou de composants industriels et l’importation d’équipements lourds nécessaires aux usines.
Retombées économiques et calendrier annoncé
Les investissements annoncés devraient générer des retombées directes en création d’emplois, en développement des compétences locales et en attractivité pour d’autres investisseurs. À court terme, les travaux de la zone d’activité et le démarrage de Gon H2 Valley marquent une première phase d’expérimentation ; la mise en service des installations industrielles et portuaires interviendrait lors d’étapes ultérieures de développement. Les partenariats public‑privé et le rôle d’investisseurs internationaux, notamment allemands, apparaissent déterminants pour assurer le financement et la montée en puissance.
La feuille de route présentée par les autorités régionales met désormais l’accent sur la coordination institutionnelle, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la planification des infrastructures. Le succès de cette ambition dépendra de la capacité à concrétiser les promesses d’investissement, à respecter les calendriers de réalisation et à intégrer les enjeux environnementaux et sociaux liés à une industrialisation rapide.