Guinée-Bissau vote un référendum sur une nouvelle constitution renforçant le pouvoir présidentiel
Guinée-Bissau : référendum du 30 août 2026 ouvre la voie à un régime présidentiel
Référendum en Guinée-Bissau le 30 août 2026: vote sur une constitution renforçant la présidence; dépouillement en cours, résultats attendus le 1er sept. 2026
Scrutin tenu le 30 août 2026, dépouillement en cours
Le référendum constitutionnel s’est tenu dimanche 30 août 2026 en Guinée-Bissau. Les bureaux de vote ont ouvert pour que les électeurs répondent par « oui » ou « non » à la question suivant l’entrée en vigueur d’une nouvelle constitution approuvée par le Conseil national de transition. Le décompte des voix était en cours au lendemain du scrutin, les autorités électorales ayant annoncé que les résultats étaient attendus le mardi 1er septembre 2026.
Taux de participation et déroulement du vote
La Commission électorale nationale a déclaré que la participation avait « dépassé » 55 %, un chiffre qui, s’il se confirme, dépasserait la moyenne des scrutins récents dans le pays. Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la commission, a estimé lors d’un point de presse que le scrutin s’est déroulé « sans aucun incident susceptible de remettre en question la crédibilité du vote ». Les opérations de dépouillement ont continué dans plusieurs centres régionaux, alors que des observateurs locaux et nationaux suivaient les procédures de validation.
Contenu principal de la nouvelle constitution
La réforme proposée transforme le système politique de la Guinée-Bissau, passant d’un régime parlementaire à un régime présidentiel. Concrètement, le texte confère au président le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, ainsi que la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale. Le changement met fin au principe selon lequel le Premier ministre doit provenir de la majorité parlementaire, un mécanisme qui avait souvent conduit à des partages de pouvoir conflictuels et à des gouvernements instables.
Motivations avancées par les autorités de transition
Les chefs militaires qui dirigent la transition justifient le référendum par la nécessité de stabiliser les institutions avant le retour à un pouvoir civil. Le chef de la junte et président de transition, le général Horta Inta-A Na Man, a déclaré : « Ce que nous voulons après ce référendum, c’est permettre à celui qui remportera les élections de terminer son mandat sans entrave. » Selon la charte de transition défendue par le général, il ne disposera pas du droit de se porter candidat aux élections prévues.
Contexte politique et antécédents récents
Ce référendum intervient moins de dix mois après un coup d’État survenu à la suite d’une élection présidentielle très contestée en novembre 2025, lorsque les deux principaux candidats se sont mutuellement proclamés vainqueurs et ont dénoncé des fraudes. Le coup d’État a eu lieu le lendemain de ce scrutin. Les autorités militaires affirment que la révision constitutionnelle est une étape préalable nécessaire aux élections générales fixées au 6 décembre 2026, qui doivent porter au pouvoir un gouvernement civil. La tension politique reste élevée, et la population attend de voir si la nouvelle architecture institutionnelle permettra une gouvernance plus stable ou si elle concentrera le pouvoir au détriment des contre-pouvoirs.
Conséquences possibles pour le calendrier électoral
Si la constitution est approuvée par les électeurs, le cadre légal des élections présidentielles et parlementaires de décembre sera modifié : la logique d’un exécutif fort reviendrait au centre du jeu politique, et la relation entre le chef de l’État et le Parlement serait redéfinie. Les autorités de transition affirment que l’objectif est d’assurer la continuité du mandat du futur président, mais des opposants craignent que ces prérogatives renforcées nuisent à l’équilibre démocratique et réduisent les mécanismes de contrôle parlementaire.
À l’issue du dépouillement, les résultats officiels seront publiés par la Commission électorale nationale; ils détermineront si la Guinée-Bissau entame une période institutionnelle marquée par un exécutif accru ou si des contestations et recours juridiques viendront prolonger l’incertitude politique.