HCP au Maroc 2025 la demande intérieure progresse 6,1% l’investissement moteur principal
Demande intérieure à +6,1% en 2025: l’investissement propulse la croissance tandis que la consommation des ménages marque le pas
Le HCP révèle en 2025 une demande intérieure en hausse de 6,1% et un investissement brut en accélération (+16,3%), creusant le besoin de financement national.
L’analyse des comptes nationaux pour l’année 2025 met en lumière une économie tirée par une demande intérieure robuste et, surtout, par un fort rebond de l’investissement brut. La demande intérieure a progressé de 6,1% et a apporté 6,6 points à la croissance nationale, contre 7,3 points l’année précédente. Cette dynamique masque toutefois des mouvements opposés au sein de la demande : un ralentissement marqué de la consommation des ménages et un regain d’effort d’investissement, tandis que l’épargne nationale et le besoin de financement évoluent à la hausse.
Demande intérieure : progression et contribution à la croissance
La demande intérieure a été le principal moteur de l’activité en 2025 avec une croissance de 6,1%. Sa contribution nette à la hausse de l’activité s’est élevée à 6,6 points, légèrement inférieure à celle de 2024 (7,3 points). Ce résultat traduit une composition de la demande en mutation : certains agrégats ont ralenti tandis que d’autres ont accéléré, modifiant l’équilibre des contributions à la croissance.
Consommation des ménages : un net ralentissement
La consommation finale des ménages et des institutions sans but lucratif au service des ménages a fortement ralenti, passant d’une croissance de 2,9% en 2024 à seulement 1,2% en 2025. Sa contribution à la croissance s’est limitée à 0,7 point, indiquant une demande privée plus prudente. En parallèle, la consommation finale des administrations publiques a connu une progression plus soutenue (+5,1%), contribuant à hauteur de 0,9 point à l’activité globale.
Investissement brut : principal levier de l’activité
L’investissement brut a été le facteur déterminant de la dynamique économique en 2025, avec une hausse spectaculaire de 16,3%. Cet agrégat — qui comprend la formation brute de capital fixe, la variation des stocks et les acquisitions nettes d’objets de valeur — a apporté 5 points à la croissance nationale, confirmant son rôle de principal levier. La part de l’investissement dans le PIB s’est élevée à 33,6%, reflétant un renforcement significatif des dépenses de capital dans l’économie.
Épargne et revenu national disponible : évolution contrastée
L’épargne nationale a progressé, atteignant 31,1% du PIB à la fin de 2025, contre 29,4% un an plus tôt. Cette amélioration intervient alors que la consommation finale nationale en valeur a augmenté de 3,6% (contre 6,1% en 2024), témoignant d’un rythme de consommation moins soutenu en valeur. Malgré une hausse du produit intérieur brut aux prix courants de 6,5% et une augmentation des revenus nets reçus du reste du monde (+1,1%), le revenu national brut disponible a vu son rythme de croissance ralentir, passant de 8,3% en 2024 à 6,2% en 2025.
Besoin de financement : pression accrue sur l’économie
La montée de l’investissement et l’évolution des autres agrégats ont entraîné une intensification du besoin de financement de l’économie. Le besoin de financement est passé de 1,2% du PIB en 2024 à 2,5% du PIB en 2025. Cette hausse traduit un écart plus marqué entre l’investissement élevé et les ressources internes disponibles, et pose la question des modalités de couverture — recours à l’épargne domestique, financement extérieur ou ajustements budgétaires — pour soutenir la trajectoire d’investissement sans compromettre la stabilité macroéconomique.
Les chiffres de 2025 brossent le portrait d’une économie en phase de réallocation : l’investissement joue un rôle central dans le redressement de l’activité, tandis que la demande privée affiche un comportement plus prudent. L’augmentation de l’épargne nationale offre une marge de manœuvre, mais le besoin de financement croissant souligne la nécessité d’un équilibre entre financement de la croissance et gestion des vulnérabilités extérieures et intérieures.