HCP : production industrielle au Maroc en recul de 1,4% au premier trimestre 2026
Production industrielle au T1 2026 : recul de l’activité manufacturière et baisse de l’énergie électrique
T1 2026 : la production industrielle du Maroc recule (-1,4% manufacturière, -1,9% extractives, -3,7% électricité). Des secteurs progressent et contrastes.
Les derniers chiffres trimestriels révèlent un retournement pour plusieurs segments de l’industrie nationale au premier trimestre 2026. L’indice de la production manufacturière (hors raffinage de pétrole) accuse une baisse de 1,4 %, portée par un net repli de plusieurs branches clés. Parallèlement, la production des industries extractives recule de 1,9 % et la production d’énergie électrique diminue de 3,7 %, dessinant un tableau contrasté entre secteurs en contraction et poches de croissance.
Diminution générale de la production manufacturière
L’indice manufacturier hors raffinage enregistre un recul de 1,4 % au cours du trimestre. Cette baisse traduit un affaiblissement global de la production industrielle, résultat de contractions simultanées dans des branches à forts effectifs et à valeur ajoutée. Les mouvements à la baisse ont été suffisamment larges pour neutraliser les hausses observées dans certains segments spécialisés.
Branches industrielles largement affectées
Plusieurs secteurs présentent des chutes marquées : la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques recule de 8,6 %, l’industrie de l’habillement de 8,1 %, la métallurgie de 8,9 % et la fabrication d’équipements électriques de 11,3 %. Les industries alimentaires enregistrent une baisse de 3,5 %, tandis que la fabrication de produits métalliques (hors machines et équipements) diminue de 5,8 % et l’industrie chimique de 1,4 %. Ces replis reflètent une contraction simultanée de la demande, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et, pour certains segments, des ajustements de capacités.
Secteurs en progression et poches de dynamisme
Malgré le recul global, plusieurs segments affichent des performances positives. L’industrie automobile progresse de 4,5 %, traduisant une activité soutenue dans la production de véhicules et composants. La fabrication d’autres matériels de transport connaît une hausse spectaculaire de 28,2 %, signe d’un développement concentré dans des segments spécifiques du transport terrestre ou industriel. L’industrie pharmaceutique et la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques augmentent respectivement de 4,5 % et 7,1 %. La fabrication de boissons progresse modestement de 2,1 %. Ces hausses mettent en lumière la résilience de certaines filières orientées vers l’export et les biens à forte valeur ajoutée.
Evolution des industries extractives et différenciation interne
L’indice de la production des industries extractives recule de 1,9 % sur le trimestre. Cette baisse globale est la combinaison d’un recul de 2 % de l’indice des produits divers des industries extractives et d’une hausse de 0,7 % de l’indice des minerais métalliques. Autrement dit, tandis que certains segments extractifs non minéraux se contractent, l’extraction de minerais métalliques montre une légère reprise. Cette différenciation souligne des dynamiques spécifiques au sein du secteur extractif, liées aux cours internationaux, à la demande industrielle et aux capacités d’extraction.
Baisse notable de la production d’énergie électrique
La production d’énergie électrique recule de 3,7 % au premier trimestre. Une contraction dans la production d’électricité peut résulter de facteurs variés : diminution de la demande industrielle liée au ralentissement de la production, maintenance saisonnière des installations ou fluctuations de l’offre d’énergies renouvelables. La baisse de la production électrique accentue les pressions sur les chaînes industrielles et peut influencer la cadence de la reprise dans les secteurs sensibles à l’énergie.
Implications économiques et perspectives sectorielles
L’ensemble de ces évolutions dessine un paysage industriel contrasté pour le début de l’année. Les secteurs exportateurs à haute valeur ajoutée et ceux intégrés à des chaînes mondiales de production conservent des dynamiques positives, tandis que des branches à forte intensité de main-d’œuvre ou fortement dépendantes de matières premières connaissent des reculs sensibles. À court terme, la conjoncture industrielle dépendra de l’évolution de la demande intérieure et extérieure, de la stabilité des approvisionnements en matières premières et de la gestion des coûts énergétiques.
Les données du trimestre invitent à une lecture fine au niveau sectoriel : des mesures ciblées d’accompagnement, l’adaptation des capacités productives et la diversification des marchés peuvent jouer un rôle dans la stabilisation et la relance. La coexistence de fortes baisses et de hausses remarquables illustre la transformation structurelle en cours au sein de l’appareil industriel.