HCP (RGPH 2024) : la marche domine les trajets domicile-travail, transports publics en retrait
Transport domicile-travail au Maroc : la marche reste majoritaire, transports publics en retrait
Étude publiée en juin 2026, fondée sur le RGPH 2024 : la marche domine les trajets domicile-travail, les transports publics peinent à progresser et les disparités territoriales sont fortes.
Le rapport publié en juin 2026, s’appuyant sur les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2024, dresse un constat net sur les modes de déplacement domicile-travail au Maroc : la marche à pied demeure le mode prédominant, l’utilisation des transports publics reste faible et les écarts entre régions et milieux urbains et ruraux sont particulièrement marqués. Ces tendances soulèvent des enjeux immédiats pour les politiques de mobilité, l’aménagement urbain et les priorités d’investissement.
Marche majoritaire dans les déplacements domicile-travail
La première observation du rapport est l’importance du déplacement à pied parmi la population active. Une part significative des personnes occupées effectuent quotidiennement leurs trajets à pied, souvent sur de courtes distances. Ce phénomène s’explique par la proximité domicile-travail pour une portion notable des emplois, par la structure des quartiers et, dans de nombreux cas, par l’absence d’alternatives de transport accessibles ou abordables. Cette prédominance de la marche a des implications directes pour la sécurité piétonne, la qualité des trottoirs et la planification des zones d’habitat et d’emploi.
Fragilité des transports publics
Le rapport met en évidence la difficulté des transports collectifs à gagner des parts de marché significatives. Malgré le renforcement des réseaux urbains dans plusieurs villes, l’usage des bus, tramways ou autres services collectifs reste limité. Les raisons invoquées comprennent la fréquence insuffisante, des correspondances imprécises, la couverture inégale et des conditions de confort parfois médiocres. À cela s’ajoutent des barrières économiques pour certains usagers et des problèmes de sécurité perçue. Le faible recours aux transports publics alourdit la dépendance aux modes individuels pour les trajets de plus grande distance et ralentit la transition vers des mobilités plus durables.
Inégalités territoriales marquées
Les données révèlent des disparités importantes entre régions et entre milieux urbains et ruraux. Dans les zones rurales, la marche et les déplacements informels dominent en l’absence de réseaux structurés. Dans les grandes villes, la modalité varie fortement d’un quartier à l’autre : certains secteurs bien pourvus en infrastructures et en services publics montrent des taux d’utilisation des transports collectifs plus élevés, tandis que d’autres restent captifs de la marche ou de moyens motorisés individuels. Ces inégalités soulignent le besoin d’approches territorialisées et différenciées plutôt que de solutions uniformes.
Impact sur la mobilité urbaine et l’environnement
La configuration actuelle des déplacements a des conséquences multiples : congestion accrue dans les pôles qui dépendent du transport individuel, pression sur les voiries, et émissions liées aux trajets motorisés. La marche dominante, lorsqu’elle est une option choisie pour des distances courtes, présente des bénéfices en termes de santé publique et de réduction des émissions. Toutefois, lorsque la marche est subie du fait de l’absence d’alternatives, elle révèle une vulnérabilité structurelle. Le développement modal durable exige donc d’améliorer simultanément l’offre de transport collectif et les infrastructures piétonnes et cyclables.
Priorités pour les politiques publiques et l’investissement
Le diagnostic appelle à des interventions ciblées : renforcement de la fréquence et de la fiabilité des transports publics, extension de la couverture des lignes vers les quartiers périphériques et les zones rurales, et amélioration des interconnexions entre modes. Il est aussi recommandé d’investir dans la sécurité et le confort des déplacements piétons, de favoriser des aménagements urbains qui réduisent les distances domicile-travail et d’encourager des solutions de mobilité partagée et non motorisée. Des plans d’action locaux, coordonnés avec des stratégies nationales, peuvent mieux répondre aux réalités territoriales contrastées.
Conséquences pour l’emploi et la cohésion sociale
Les modalités de déplacement influent sur l’accès à l’emploi : des trajets longs, coûteux ou imprévisibles rendent certains postes inaccessibles pour des catégories de travailleurs. Les disparités de mobilité renforcent ainsi des inégalités sociales et économiques. Adapter l’offre de transport aux besoins des travailleurs, en particulier dans les zones où la densité d’emplois croît, est crucial pour favoriser l’insertion professionnelle et réduire les désavantages territoriaux.
La synthèse du rapport met en relief un besoin clair de concilier infrastructures, tarification et planification urbaine pour promouvoir une mobilité plus équitable, efficace et durable. Des interventions graduées, tenant compte des spécificités locales identifiées par le recensement de 2024 et analysées dans le document de juin 2026, permettront d’améliorer les conditions de déplacement des actifs tout en répondant aux objectifs de transition écologique et d’inclusion territoriale.