Human Rights Watch exige la fin de la répression post‑électorale en Zambie
Zambie : Human Rights Watch alerte sur une répression post‑électorale après la victoire de Hichilema
HRW accuse le gouvernement zambien de répression après les élections d’août 2026 ; demande d’enquête indépendante, libération des détenus et fin des arrestations.
Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport appelant les autorités zambiennes à mettre fin à une répression qualifiée de “brutale” visant des opposants, des journalistes et des avocats depuis la proclamation des résultats des élections générales d’août 2026. Le document fait état d’arrestations massives, de disparitions forcées et d’atteintes aux droits fondamentaux dans les jours précédant et suivant la victoire revendiquée par le président Hakainde Hichilema.
HRW dénonce un climat d’intimidation généralisé
Le rapport décrit un climat post‑électoral marqué par l’intimidation, le harcèlement et la répression, qui aurait découragé les organisations civiques et politiques et réduit l’espace pour les voix dissidentes. HRW appelle à l’arrêt immédiat des opérations policières et militaires ciblant des opposants politiques et à la protection des libertés civiles et de la presse.
Arrestations, disparitions et violences documentées
Les auteurs du rapport affirment que la police et l’armée ont procédé à des détentions arbitraires, à des disparitions forcées, à des passages à tabac et à des menaces contre des partisans de l’opposition, des avocats et des journalistes. Une douzaine de personnalités opposantes auraient été arrêtées pour avoir contesté les résultats du scrutin, et plusieurs personnes signalées comme disparues restent introuvables, selon les témoignages compilés.
Interpellation de Brian Mundubile et perquisition controversée
Au moment de l’investiture pour un second mandat, le principal rival de M. Hichilema, Brian Mundubile, était en détention, inculpé de trahison après avoir affirmé que l’opposition avait remporté le vote. La perquisition de son domicile, effectuée le lendemain du 13 août, a entraîné la mort d’un ancien ministre, Mutotwe Kafwaya, abattu durant l’opération, un incident qui a suscité des appels à une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances du décès.
Fermeture des tribunaux et conséquences pour le recours juridique
Deux semaines après les élections, les tribunaux nationaux ont été fermés dans une décision qualifiée par la police de “mesure préventive fondée sur les renseignements”, sans précisions supplémentaires. Cette fermeture a entravé la capacité des opposants à engager des procédures judiciaires contre les résultats électoraux et a limité l’accès aux recours légaux pour les personnes détenues ou affectées par les opérations des forces de sécurité.
Demandes concrètes : accès, soins, libération et responsabilité
HRW exige des autorités qu’elles permettent aux personnes détenues l’accès à des avocats, qu’elles fournissent des soins médicaux aux blessés et qu’elles procèdent à la libération de celles arrêtées arbitrairement. Le rapport demande aussi que les responsables des abus commis par les forces de sécurité soient identifiés et traduits en justice, afin de mettre fin à un cycle d’impunité qui, selon l’ONG, alimente le climat de peur.
Les événements décrits interviennent après la prestation de serment du président Hakainde Hichilema pour un second mandat, une élection dont certains observateurs et opposants ont contesté la validité. Les allégations de fraude et la gestion de l’après‑scrutin ont intensifié les tensions politiques et contraint des acteurs de la société civile à dénoncer l’enlisement des procédures démocratiques.
Le rapport appelle les autorités zambiennes à ouvrir une enquête indépendante, impartiale et approfondie sur les opérations policières et les incidents mortels liés aux perquisitions post‑électorales. Il sollicite également des garanties immédiates pour le respect des droits de l’homme et la remise en liberté des personnes détenues sans fondement légal. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le gouvernement répondra aux demandes de transparence et de responsabilité formulées dans ce rapport.