IFC préconise de porter l’investissement privé à deux tiers au Maroc d’ici 2035
Rapport de l’IFC : lever les obstacles à l’investissement privé pour accélérer la création d’emplois au Maroc
L’IFC préconise des réformes structurelles pour augmenter la part de l’investissement privé à deux tiers du total national d’ici 2035 et soutenir la génération d’emplois formels.
La Société Financière Internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale, publie un diagnostic du secteur privé au Maroc qui identifie les verrous pesant sur l’investissement privé et propose un ensemble de mesures pour stimuler la croissance inclusive. Le rapport souligne que, malgré d’importants investissements publics dans les infrastructures, l’énergie et la logistique, l’effort privé n’a pas encore pris l’ampleur nécessaire pour absorber l’augmentation de la population active et soutenir un rythme de croissance élevé.
Cadre stratégique et objectif 2035
Le diagnostic place l’investissement privé au cœur du Nouveau modèle de développement marocain et des stratégies sectorielles récentes. L’IFC fixe un objectif précis : porter la part de l’investissement privé à deux tiers de l’investissement national total d’ici 2035. Cette cible vise à rééquilibrer le financement de l’économie, en renforçant le rôle des entreprises nationales et étrangères dans la création d’emplois, le développement des compétences et la réduction des inégalités territoriales.
Constat sur la contribution publique et privée
Le rapport rappelle que la transformation économique du pays a reposé sur des dépenses publiques massives dans les infrastructures et la transition énergétique, qui ont amélioré la compétitivité logistique et l’attractivité des régions. Toutefois, l’investissement privé reste en deçà de ce qui serait nécessaire pour soutenir une croissance durable et inclusive. L’IFC observe que la participation insuffisante du secteur privé limite la capacité à créer des emplois de qualité et à répondre aux besoins des jeunes et des femmes.
Principaux freins à l’investissement privé
L’analyse identifie plusieurs contraintes récurrentes : complexité réglementaire, obstacles administratifs, accès limité au financement à long terme, coût de l’énergie et lacunes dans la formation professionnelle. Ces facteurs freinent la création d’entreprises à forte valeur ajoutée et limitent l’expansion des PME. Le diagnostic souligne aussi des disparités régionales qui découragent l’investissement hors des grands pôles urbains, privant certaines régions d’opportunités de croissance et d’emploi.
Mesures recommandées pour la création d’emploi
Le document propose des réformes ciblées pour stimuler l’emploi, notamment des mesures visant à améliorer l’accès au financement pour les PME, à simplifier les procédures d’investissement, et à adapter les systèmes de formation aux besoins du marché du travail. L’accent est mis sur des politiques favorisant l’emploi des jeunes et des femmes : incitations pour les entreprises qui embauchent en CDI, programmes de formation duale et renforcement des services d’accompagnement à l’entrepreneuriat. Le rapport préconise également des actions pour améliorer l’équité territoriale et attirer des projets privés dans les régions moins desservies.
Impacts attendus sur la transition verte et la compétitivité
En mettant l’investissement privé au centre de la stratégie de développement, le rapport anticipe des retombées positives sur la transition énergétique et la compétitivité globale. L’orientation des capitaux privés vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les infrastructures durables est présentée comme un levier pour créer des emplois verts et renforcer la résilience économique. Parallèlement, une amélioration du climat des affaires devrait favoriser l’innovation et les investissements à long terme.
La conclusion du diagnostic est ferme : éliminer les contraintes qui freinent l’investissement privé est indispensable pour soutenir une croissance inclusive et atteindre les objectifs nationaux d’emploi et de développement. La mise en œuvre des recommandations demandera une coordination étroite entre l’État, le secteur privé et les partenaires institutionnels, ainsi qu’un calendrier clair pour traduire les objectifs stratégiques en réformes concrètes et mesurables.