Inde : manifestations pour la démission de Gyanesh Kumar après retrait de millions d’électeurs
Inde : des milliers manifestent à Mumbai et New Delhi pour la démission du chef de la Commission électorale
À Mumbai et New Delhi, des milliers manifestent depuis le 2 oct. 2026 pour la démission de Gyanesh Kumar, accusé d’avoir retiré des électeurs au profit du BJP.
Les manifestations en Inde, entamées le vendredi 2 octobre 2026, se sont étendues à une troisième journée dimanche 4 octobre 2026, avec des rassemblements importants à Mumbai et à New Delhi réclamant la démission du président de la Commission électorale indienne, Gyanesh Kumar. Les protestataires affirment que la récente révision des listes électorales aurait entraîné la suppression de millions d’électeurs éligibles, une mesure qu’ils jugent destinée à avantager le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP). L’ECI et le BJP ont nié ces accusations et qualifient la révision de procédure visant à garantir l’intégrité des registres électoraux.
Manifestations simultanées et leaders présents
Dimanche 4 octobre 2026, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Mumbai menés par Raj Thackeray et Uddhav Thackeray, agitant des drapeaux et réclamant la démission de Gyanesh Kumar. À New Delhi, des rassemblements se sont formés en soirée, mais les tentatives d’organisation ont été entravées par des arrestations à l’arrivée de plusieurs manifestants. Les mouvements ont mobilisé une large part de la jeunesse et de groupes d’opposition, y compris des formations émergentes dirigées par la génération Z.
Allégations sur la révision des listes électorales
Les manifestants soutiennent que la révision conduite par l’ECI a éliminé des inscriptions d’électeurs valides — personnes déplacées, jeunes récemment arrivés à l’âge de voter ou inscrits sous des adresses diverses — et que ces suppressions seraient suffisamment nombreuses pour influer sur certaines circonscriptions en faveur du BJP. L’ECI, pour sa part, affirme que la procédure vise à retirer les doublons, les comptes de personnes décédées et les inscriptions inéligibles, et a indiqué vendredi 2 octobre avoir ordonné aux responsables d’inscrire les électeurs éligibles qui auraient été omis par inadvertance.
Réponses officielles et silence de la direction
Ni Gyanesh Kumar ni la Commission électorale n’ont annoncé de démission au moment où les manifestations se poursuivaient. La Commission a publié des déclarations défendant la légalité et la nécessité de la révision, tout en ordonnant des corrections lorsqu’une erreur est détectée. Le BJP a rejeté les accusations d’instrumentalisation politique des listes électorales et a qualifié les protestations d’agitation organisée par l’opposition. Le chef de la Commission n’a pas tenu de conférence publique pour répondre directement aux demandes de démission.
Arrestations et contrôle des rassemblements à New Delhi
Les forces de l’ordre à New Delhi ont déployé des moyens importants pour limiter les rassemblements dans le centre de la capitale, invoquant des ordonnances interdisant les manifestations de masse dans certaines zones. Des dizaines de personnes ont été interpellées et transférées en bus; certaines ont été relâchées dans les jours suivants, tandis que d’autres font face à des poursuites pour non-respect des interdictions de rassemblement. Les autorités ont justifié ces mesures par des raisons d’ordre public et de sécurité, mais les organisateurs dénoncent une tentative de museler la contestation.
Stratégie des partis d’opposition et calendrier des prochaines actions
Une alliance de partis d’opposition a annoncé une intensification des actions de rue, avec une marche programmée vers le bureau de la Commission électorale mardi 6 octobre 2026. Le Cockroach Janta Party (CJP), mouvement générationnel dirigé par Abhijeet Dipke, a appelé à un grand rassemblement à New Delhi prévu pour le 10 octobre 2026. Les dirigeants de l’opposition affirment vouloir « sauver la démocratie » et insistent pour que toute personne éligible reçoive la possibilité de voter avant les échéances électorales à venir.
Les développements des prochains jours détermineront si les manifestations resteront de grande ampleur ou s’atténueront. Les appels à des enquêtes indépendantes, des vérifications rapides des listes et des recours juridiques sont susceptibles d’être avancés par les partis d’opposition. La Commission électorale a indiqué qu’elle corrigerait les omissions involontaires, mais n’a pas précisé le calendrier ni l’étendue des corrections à opérer. Les tensions politiques pourraient s’accroître si des preuves concrètes d’exclusions massives étaient établies, ou si les autorités maintiennent des restrictions sur les rassemblements publics.