Industrie marocaine selon Bank Al-Maghrib : hausse prévue production et ventes malgré incertitudes
Les industriels prévoient une hausse générale de production et de ventes, mais le textile et la chimie restent fragiles
Enquête mensuelle: les industriels prévoient une hausse générale de production et ventes sur 3 mois, malgré des baisses attendues dans le textile et la chimie.
Une enquête de conjoncture récente révèle que les industriels anticipent, pour les trois prochains mois, une augmentation globale de la production et des ventes, avec toutefois des perspectives divergentes selon les branches. Si la majorité des secteurs table sur une progression, le textile et cuir ainsi que la chimie et parachimie s’attendent à des replis. Par ailleurs, plus d’une entreprise sur quatre signale des incertitudes quant à l’évolution future de son activité, signe d’un climat encore fragile.
Perspectives sectorielles pour le trimestre à venir
Les prévisions des industriels montrent une dynamique positive généralisée, sauf pour deux secteurs clés. La chimie et parachimie et le textile et cuir annoncent des prévisions de baisse de production, contrastant avec les attentes de hausse dans la mécanique et métallurgie, l’agroalimentaire et d’autres branches. Ce contraste traduit des facteurs spécifiques à chaque filière : pression sur les marges, fluctuations de la demande extérieure, et contraintes d’approvisionnement pour certaines matières premières.
Performance de la production en mars
Sur le mois de mars, l’enquête fait état d’une amélioration de l’activité industrielle. La production a augmenté globalement, porté notamment par des hausses dans la chimie et parachimie et dans la mécanique et métallurgie. L’agroalimentaire a connu une stagnation de sa production, tandis que le textile et cuir a enregistré une baisse. Le taux d’utilisation des capacités de production s’est établi à 78 %, indiquant une marge d’activation raisonnable mais aussi une disponibilité qui pourrait être mobilisée en cas de renforcement de la demande.
Ventes en hausse sur les marchés intérieur et extérieur
Les ventes ont progressé dans l’ensemble des branches au cours de la période observée. Cette progression a concerné à la fois le marché domestique et les débouchés à l’export, ce qui témoigne d’une demande soutenue dans plusieurs segments. La hausse des ventes contraste toutefois avec les disparités de production par secteur, suggérant des ajustements d’achalandage, des efforts commerciaux ciblés ou des variations de stocks qui expliquent des décalages temporaires entre production et ventes.
Commandes en recul et dispersion par filière
Malgré l’amélioration des ventes, les commandes ont reculé globalement. Ce recul recouvre des baisses marquées dans le textile et cuir et dans la chimie et parachimie, une stagnation des commandes pour l’agroalimentaire, et une hausse pour la mécanique et métallurgie. La baisse des prises de commandes dans certaines branches est préoccupante car elle peut annoncer une décélération future de la production si elle se confirme au fil des mois.
Carnets de commandes et situation opérationnelle
Les carnets de commandes se situent, pour la plupart des branches, à un niveau inférieur à la normale, hormis la mécanique et métallurgie où ils sont considérés comme normaux. Cette situation des carnets limite la visibilité des industriels sur leur activité à moyen terme et renforce l’incertitude exprimée par plus d’un quart des entreprises interrogées. Le niveau des carnets, corrélé au taux d’utilisation des capacités, laisse entrevoir des marges de manœuvre mais aussi le besoin d’un flux soutenu de nouvelles commandes pour consolider une reprise durable.
La situation décrite met en lumière un paysage industriel contrasté : des indicateurs d’activité à court terme favorables, notamment en matière de ventes et d’utilisation des capacités, mais des signaux d’alerte sur les commandes et les perspectives sectorielles pour le textile et la chimie. Les entreprises restent prudentes et soulignent des risques liés à la demande, aux approvisionnements et à la conjoncture internationale. Un suivi rapproché des évolutions des prises de commandes et de la consommation domestique sera déterminant pour confirmer la trajectoire de reprise annoncée.