Israël capture la crête de Beaufort et ordonne l’évacuation du sud du fleuve Zahrani
Israël étend son offensive au sud du Liban après la capture du château de Beaufort
Israël élargit son offensive au sud du Liban : évacuations nord du Zahrani, capture du château de Beaufort, encerclement de Nabatieh et hausse des combats.
Le 31 mai 2026, les forces israéliennes ont intensifié leurs opérations dans le sud du Liban en ordonnant des évacuations obligatoires, en franchissant le fleuve Litani et en annonçant la prise du château de Beaufort, une position perchée sur une crête stratégique près de Nabatieh. L’escalade a été accompagnée d’un renforcement des échanges de tirs avec le Hezbollah et d’une aggravation de la crise humanitaire dans la région.
Ordres d’évacuation le long du Zahrani
Le 31 mai 2026, l’armée israélienne, par la voix de son porte-parole en arabe Avichay Adraee sur la plateforme X, a demandé aux habitants situés au sud du fleuve Zahrani de se déplacer immédiatement vers le nord du cours d’eau, avertissant que ceux qui resteraient dans la zone s’exposeraient à de graves risques. Les autorités militaires israéliennes ont émis plus d’une dizaine d’ordres de déplacement au cours des dernières 24 heures, selon les annonces publiques, entraînant un mouvement massif de population et des perturbations des services de base dans les localités concernées.
Traversée du Litani et progression des troupes
Le 29 mai 2026, les forces israéliennes ont franchi le fleuve Litani, une manœuvre marquante puisqu’il s’agit du premier franchissement de ce cours d’eau par l’armée israélienne depuis 2006. Cette avancée visait à consolider des positions en profondeur dans le sud libanais et à ouvrir la voie à des opérations vers des objectifs jugés stratégiques par l’état-major israélien.
Prise du château de Beaufort
Les autorités israéliennes ont annoncé la capture du château de Beaufort, situé au sommet d’une crête dominant la région de Nabatieh. La forteresse, d’origine médiévale, avait déjà été occupée par Israël entre 1982 et 2000. Le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a présenté la prise de cette position comme une « victoire tactique » destinée, selon lui, à renforcer la défense des communautés de la Galilée et la sécurité des forces engagées.
Encerclement de Nabatieh et objectifs militaires
Les forces israéliennes ont mis en place un encerclement autour de Nabatieh, ville considérée comme un centre économique et culturel du sud libanais. Nabatieh occupe une place symbolique importante pour une partie de la population libanaise, en raison de son histoire de résistance aux précédentes offensives. Les analystes militaires estiment que le contrôle des routes d’accès et des hauteurs de la région est au cœur des objectifs opérationnels d’Israël.
Riposte du Hezbollah et bilan des pertes
Le Hezbollah a poursuivi ses attaques contre les forces israéliennes, notamment par tirs de drones et autres engins explosifs. Le 30 mai 2026, une attaque par drone attribuée au Hezbollah a tué un soldat israélien, annonce confirmée le 31 mai, portant à 25 le nombre total de militaires israéliens tués depuis le début de l’escalade actuelle le 2 mars 2026. Les affrontements ont fait également des victimes et des destructions côté libanais, tandis que les combats se caractérisent par une intensité fluctuante sur plusieurs axes.
Conséquences humanitaires et réactions politiques
Les autorités libanaises, et en particulier le Premier ministre Nawaf Salam, ont dénoncé l’opération israélienne, évoquant une politique de « terre brûlée » et accusant Israël d’imposer une punition collective aux populations du sud. Des témoins et journalistes couvrant la zone signalent des démolitions de bâtiments, des déplacements massifs de familles et des restrictions d’accès humanitaire dans des secteurs considérés comme dangereux. Parallèlement, des voix internationales ont exprimé leurs préoccupations quant à la protection des civils et à l’acheminement de l’aide.
Pourparlers de cessez‑le‑feu et médiation américaine
Des responsables libanais et israéliens se sont entretenus le 29 mai 2026 au Pentagone dans le cadre de pourparlers facilités par les États-Unis visant à mettre en œuvre un cessez‑le‑feu nominal entré en vigueur mi‑avril mais jugé violé à plusieurs reprises. Les discussions portaient sur les modalités de surveillance et de désescalade; des rencontres supplémentaires étaient prévues pour la semaine du 1er juin 2026 afin de tenter d’aboutir à des accords plus durables. Les deux gouvernements affichent des positions divergentes sur la question du désarmement du Hezbollah, qui demeure un point central des négociations.
La situation reste volatile: les gains territoriaux annoncés par Israël modifient temporairement l’équilibre tactique dans le sud libanais, mais ils s’accompagnent d’une intensification des frappes et d’un risque accru de nouvelles victimes civiles et militaires. Les prochains jours, notamment la reprise des pourparlers et l’évolution des mouvements de population, devraient être décisifs pour l’avenir immédiat de la region.