Israël prolonge la détention de deux militants de la flottille Sumud vers Gaza
Israël prolonge jusqu’au 10 mai 2026 la détention de deux militants de la flottille Sumud
Un tribunal d’Ashkelon a accepté le 5 mai 2026 la demande de prolongation de la détention de Saif Abu Keshek et Thiago Avila, arrêtés lors de l’interception de la flottille Sumud en haute mer le 30 avril 2026.
Un tribunal israélien a ordonné mardi 5 mai 2026 la prolongation de la détention de deux militants internationaux impliqués dans la flottille d’aide Sumud, a indiqué une organisation de défense des droits qui les représente. La mesure porte la garde à vue de l’Espagnol Saif Abu Keshek et du Brésilien Thiago Avila jusqu’au dimanche 10 mai 2026, a précisé l’information transmise par leurs représentants.
Décision judiciaire à Ashkelon
Le tribunal d’instance d’Ashkelon a statué le 5 mai 2026 en faveur de la demande formulée par l’État pour étendre la période de détention. La prolongation accordée couvre une période de six jours supplémentaires et a été autorisée sans conditions limitant la durée ou la nature des interrogatoires, selon les déclarations émanant des défenseurs des deux hommes. Aucune mise en examen formelle n’a encore été prononcée au moment de la décision.
Motifs invoqués pour la prolongation
Les autorités ont justifié la prolongation par des éléments présentés au tribunal sous la forme de documents confidentiels, qualifiés de « preuves secrètes » par la défense. Les militants et leurs avocats n’ont pas eu accès à ces éléments, ce qui, selon leurs conseils, empêche l’exercice d’un droit de contestation effectif. Les représentants juridiques ont annoncé l’intention de faire appel de la décision, la qualifiant d’absence de contrôle judiciaire sur la procédure d’interrogatoire.
Conditions de détention et grève de la faim
Les deux détenus seraient emprisonnés à la prison de Shikma, à Ashkelon. Les défenseurs rapportent qu’ils sont maintenus en isolement complet, soumis à un éclairage intense 24h/24 et porteurs de bandeaux lors de tout déplacement, y compris lors d’examens médicaux. Depuis leur enlèvement le 30 avril 2026, les militants ont engagé une grève de la faim et ne consomment que de l’eau, selon les informations communiquées par leurs avocats lors d’une visite en détention effectuée le samedi 2 mai 2026.
Accusations retenues et défense
Aucune accusation formelle n’a été notifiée publiquement, mais les autorités ont évoqué plusieurs chefs possibles, notamment des liens présumés avec une « organisation terroriste » et des contacts avec des agents étrangers. Les conseils des détenus ont qualifié ces allégations d’infondées et dénuées de base juridique, rappelant que les deux hommes ne sont pas citoyens israéliens et ont été appréhendés à plus de 1 000 kilomètres de la bande de Gaza, en eaux internationales, le 30 avril 2026.
Contexte de l’interception et déplacements
La flottille Sumud, composée d’environ 180 militants internationaux, a été interceptée en haute mer au large des côtes grecques le 30 avril 2026. La majorité des participants ont été débarqués et transférés en Crète, tandis que deux d’entre eux — Abu Keshek et Avila — ont été conduits en Israël pour des interrogatoires. Les organisateurs de la campagne humanitaire affirment que plusieurs membres de la flottille ont été soumis à des violences physiques lors de l’arraisonnement et dénoncent des pratiques qu’ils jugent illégales.
Appels des organisateurs et demandes internationales
Les responsables de la flottille ont réclamé la libération immédiate des deux militants et ont appelé la communauté internationale à intervenir. Les groupes de soutien ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une détention arbitraire et ont rendu publiques des allégations de mauvais traitements, de privation de sommeil et de menaces durant les interrogatoires. Face à la prolongation décidée par le tribunal, les avocats ont annoncé la préparation d’un recours en appel, arguant de l’absence de transparence et des atteintes aux droits fondamentaux des détenus.
La prolongation décidée le 5 mai 2026 marque une nouvelle étape dans l’affaire entourant la flottille Sumud, alors que les procédures judiciaires restent limitées par le recours à des éléments classifiés et que les accusés continuent de contester la légalité de leur arrestation et des conditions de leur détention.