Kayouh dévoile la stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030 face aux trottinettes électriques
Le gouvernement lance la stratégie nationale sécurité routière 2026-2030 face à l’essor des trottinettes et des livraisons
Le ministre Abdessamad Kayouh présente une stratégie 2026-2030 pour réduire de 50 % les décès routiers après plus de 160 000 accidents et 4 577 morts enregistrés en 2025.
Le ministère du Transport et de la Logistique a officiellement engagé, à Rabat, le débat sur une nouvelle stratégie de sécurité routière pour la période 2026-2030. Cette initiative intervient dans un contexte de mutation des pratiques de mobilité — avec l’essor des trottinettes électriques et la multiplication des services de livraison à domicile — et en réponse à des indicateurs nationaux jugés préoccupants pour l’année 2025. Le ministre Abdessamad Kayouh a souligné la nécessité d’une démarche rénovée qui intègre ces nouveaux usages afin de mieux prévenir les accidents et protéger les usagers vulnérables.
Appel à une approche renouvelée face aux nouvelles mobilités
Le ministre a insisté sur l’adaptation des politiques publiques aux transformations du paysage urbain et des déplacements individuels. Les trottinettes électriques, les vélos partagés et les plateformes de livraison créent des flux et des comportements pour lesquels les règles existantes ne sont pas toujours suffisantes. La stratégie 2026-2030 vise à intégrer réglementations, infrastructures et actions de sensibilisation pour encadrer ces pratiques et réduire les risques, en complétant les mesures traditionnelles de sécurité routière.
Bilan des accidents et profils des victimes en 2025
Les chiffres présentés lors de l’ouverture des travaux font état de plus de 160 000 accidents de la circulation en 2025, ayant entraîné 4 577 décès. Les piétons ainsi que les usagers des deux-roues et trois-roues motorisés représentent plus de 70 % des personnes décédées. Ces données orientent les priorités d’intervention vers la protection des usagers vulnérables, l’amélioration des infrastructures piétonnes et la sécurité des voies fréquemment empruntées par les deux-roues motorisés.
Axes prioritaires de la stratégie nationale 2026-2030
La nouvelle stratégie entend concentrer ses actions sur plusieurs leviers : renforcement du contrôle routier, aménagement d’infrastructures adaptées, campagnes de prévention ciblées, et adaptation du cadre réglementaire aux nouvelles formes de mobilité. L’objectif chiffré retenu est une réduction de 50 % du nombre de décès sur les routes d’ici 2030. Pour atteindre ce but, le plan prévoit une combinaison d’interventions techniques, pédagogiques et répressives, ainsi qu’un suivi accru des indicateurs pour mesurer l’efficacité des mesures mises en œuvre.
Mesures concrètes et réalisations de la NARSA en 2025
Le ministre a relevé des avancées enregistrées par l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) au titre de l’année 2025. Parmi les réalisations : l’extension du réseau national de contrôle par radars, désormais porté à 1 140 unités, et la poursuite du renouvellement du parc des véhicules de transport routier, financé par une enveloppe de 143 millions de dirhams. Ces actions visent à améliorer la surveillance des infractions et à moderniser le matériel de transport pour réduire les risques liés à l’obsolescence des équipements.
Défis institutionnels et attentes en matière de prévention
Malgré les progrès, le ministre et l’agence reconnaissent plusieurs défis : coordination intersectorielle, adaptation rapide des réglementations, formation des forces de contrôle, et mobilisation durable des comportements citoyens. La réussite de la stratégie dépendra également de l’implication des collectivités locales, des opérateurs de mobilité et des acteurs privés du transport et de la livraison. La communication et la sensibilisation ciblée vers les publics à risque — piétons, motocycles et livreurs — sont considérées comme essentielles pour transformer l’état des lieux.
L’effort annoncé combine des mesures visibles à court terme, comme l’extension du réseau de radars et le renouvellement de véhicules, et des actions structurelles à moyen terme: révision de la réglementation, amélioration des infrastructures et programmes éducatifs. La feuille de route 2026-2030 fixe un cap clair mais implique un suivi rigoureux des résultats et une capacité d’adaptation face à l’évolution rapide des mobilités urbaines. La mise en œuvre opérationnelle de ces mesures et l’engagement des différents acteurs détermineront si l’objectif de réduction de 50 % de la mortalité routière à l’horizon 2030 pourra être atteint.