Kenya annonce amnistie temporaire et appelle les migrants burundais à s’inscrire aux ambassades
Kenya lance une amnistie temporaire et un enregistrement pour migrants est-africains après un afflux devant l’ambassade du Burundi
Le Kenya a annoncé une amnistie temporaire et une fenêtre d’enregistrement pour migrants d’Afrique de l’Est après des centaines de Burundais qui ont fait la queue devant leur ambassade à Nairobi pour obtenir des papiers de retour, alors que des directives sur les commerces tenus par étrangers ont suscité des tensions.
Résumé de l’annonce gouvernementale
Le gouvernement kenyan a déclaré l’ouverture d’une période d’enregistrement destinée aux ressortissants d’États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est présents sans papiers. Pendant cette période, toutes les personnes en cours d’enregistrement seront présumées légalement présentes sur le territoire kenyan, selon le communiqué officiel publié lundi. L’objectif affiché est de permettre l’accès aux soins, aux services bancaires et aux protections juridiques pour ceux qui se signaleront sans craindre des poursuites immédiates.
Afflux vers l’ambassade du Burundi à Nairobi
Dès l’ouverture de la mesure, des files importantes se sont formées devant l’ambassade du Burundi à Nairobi. Des centaines de personnes ont attendu dès l’aube pour obtenir des documents de voyage leur permettant de rentrer au pays. Beaucoup de ces migrants exploitaient de petits commerces de rue et se sont présentés en grand nombre, craignant d’être visés par les nouvelles directives administratives. Des témoins ont décrit une atmosphère d’inquiétude et de précipitation parmi les requérants.
Ordre de fermeture des petites entreprises et réactions locales
La semaine précédente, le gouvernement avait donné instruction aux autorités de fermer, à compter de lundi, les petites entreprises dirigées par des étrangers opérant sans permis de travail. Cette décision a été présentée par les autorités comme une mesure d’application des lois sur l’emploi, mais elle a entraîné des tensions dans plusieurs quartiers. Des commerçants étrangers ont fait état d’intimidations et d’incidents de voisinage depuis l’annonce, ce qui a poussé certains à se rendre à leur ambassade pour chercher des solutions. Les estimations disponibles indiquent qu’environ 16 000 migrants et réfugiés burundais résident au Kenya, dont une part importante tient de petits commerces de proximité.
Mesures de protection et directive contre le harcèlement
Face aux signalements d’agression et de harcèlement, l’État a rappelé aux agences de sécurité et aux autorités locales que les ressortissants étrangers ne devaient pas être soumis à des traitements arbitraires. Le communiqué gouvernemental précise que toute personne cherchant à exploiter les directives pour alimenter un sentiment xénophobe ou pour maltraiter des résidents étrangers sera poursuivie conformément à la loi. Parallèlement, le gouvernement a indiqué qu’il veillerait à la protection des zones où des violences ou des vols avaient été signalés.
Visite du ministre des Affaires étrangères à l’ambassade
Le ministre des Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade du Burundi à Nairobi pour rencontrer les ressortissants et apaiser les tensions. Il a présenté des excuses aux personnes affectées et assuré que la police renforcerait la protection dans les quartiers où des incidents avaient été rapportés. Le ministre a également promis d’aider les Burundais à régulariser leur situation ou à organiser des retours volontaires, en coordination avec les missions diplomatiques concernées.
Tensions politiques à l’approche des élections
Les critiques du président William Ruto estiment que les récentes déclarations et mesures ont contribué à stigmatiser les étrangers, certains observateurs y voyant une stratégie pour détourner l’attention des difficultés économiques nationales à l’approche des élections prévues l’an prochain. Les opposants politiques accusent l’exécutif d’avoir imputé aux ressortissants étrangers une part des problèmes sociaux et économiques, ce que le gouvernement dément en insistant sur la nécessité d’appliquer la loi.
Les autorités kenyanes ont mis en place une procédure d’enregistrement encadrée et limitée dans le temps, destinée à clarifier le statut des personnes concernées et à prévenir de nouvelles violences. Les ambassades des pays de la région ont été invitées à faciliter l’identification et l’assistance de leurs ressortissants. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’ampleur du retour volontaire et l’efficacité des mesures de protection annoncées, tandis que la société civile et les acteurs locaux appellent au calme et à la garantie des droits fondamentaux des migrants.