La douane exige 3 milliards de dirhams aux importateurs chinois et turcs
L’Administration des Douanes et Droits Indirects (ADII) a lancé une grande offensive contre la fraude en valeur. Les brigades de Tanger, Casablanca et Agadir ont été mobilisées pour examiner les dossiers de milliers d’importateurs, indique Hespress. Dans le viseur : les factures en provenance de Chine et de Turquie, soupçonnées d’être artificiellement réduites pour éviter les droits de douane. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette « faille » aurait provoqué un manque à gagner estimé à 2,9 milliards de dirhams pour le Trésor public.
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La méthode est classique mais dévastatrice pour l’économie nationale : les importateurs déclarent une valeur bien inférieure au prix réel des marchandises pour payer moins d’impôts, réalisant ainsi des marges confortables tout en sous-cotant les prix sur le marché local. Une concurrence déloyale qui étouffe les producteurs marocains. Face à l’ampleur du phénomène, la douane a élargi son contrôle à un volume d’importations dépassant les 5 milliards de dirhams, ciblant désormais des secteurs jusqu’ici passés inaperçus.
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Le suivi est organisé grâce au Big Data. En croisant les dossiers avec la Direction générale des impôts (DGI), les douaniers ont repéré des profils suspects : des entreprises de création récente, sans historique d’activité, déclarant un chiffre d’affaires incohérent mais important massivement des biens de consommation difficiles à évaluer. Les contrevenants recevront des notifications leur demandant de justifier ces écarts de prix. En l’absence d’explications convaincantes, la sanction sera double : paiement immédiat du différentiel fiscal et application de lourdes amendes conformément au Code des douanes.