La France va surveiller ses retraités au Maroc
Des centaines de milliers de retraités recevront une lettre de leur banque les invitant à justifier de leur droit à percevoir une pension de retraite. C’est la nouvelle stratégie mise en place par le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, afin de lutter contre la fraude. Parmi ces retraités, 1 million vivent à l’étranger et perçoivent une pension française. Selon une enquête réalisée par la Cour des comptes, la grande majorité de ces retraités « exilés » (77%) vivent en Algérie, au Portugal, en Espagne, en Italie, au Maroc et en Belgique.
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“Dès 2025, en Algérie, 16% des retraités seraient convoqués annuellement, dont 97% par un partenaire bancaire algérien, prestataire de la fédération Agirc-Arrco”, écrit la Cour des comptes. Il prévoit de convoquer ainsi 60 000 retraités par an, ce qui permettra de contrôler tous les retraités résidant en Algérie d’ici six ans. » Au total, 400 000 retraités seront appelés dans six ans par la banque des retraités, partenaire de l’Agirc-Arcco. Une fois convoqués, ils doivent s’y rendre pour confirmer leur existence, sous peine de suspension de leur retraite.
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Les contrôles seront également renforcés dans d’autres pays comme le Maroc, la Tunisie et la Turquie. Outre les convocations physiques, il est prévu de déployer de nouvelles méthodes high-tech, comme la reconnaissance faciale via smartphone pour certifier son existence. Des échanges de données électroniques devraient également avoir lieu entre les fonds de pension de différents pays.
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Cette procédure unique mise en place par l’Agirc-Arrco sera opérationnelle dans les mois et années à venir. Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), la fraude aux retraites versées à l’étranger représente 50 à 60 millions d’euros par an. “Ce n’est pas un enjeu majeur en termes de finances publiques, mais cela va néanmoins renforcer la confiance dans le système. (…) Le symbole est très important et il l’est d’autant plus que nous demandons des efforts à nos concitoyens et face à cela il faut être intraitable avec ceux qui tentent de frauder”, expliquait Renaud Villard, directeur général de la Cnav, en mai dernier sur Franceinfo.
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Et de conclure : « Encore une fois, ce n’est pas un enjeu majeur en termes de finances publiques, cela contribuera néanmoins, en même temps que d’autres actions publiques, à réduire le déficit et surtout cela renforcera la confiance dans le système. »