La plaine de Chtouka : emploi agricole en pleine mutation avec les migrants africains
L’essor de l’agriculture marocaine soutenu par une main-d’œuvre migrante
L’agriculture dans la plaine de Chtouka contribue de manière significative à l’économie marocaine en enregistrant 4,5 milliards de dollars de ventes l’année dernière. L’embauche accrue de travailleurs d’Afrique de l’Ouest est essentielle pour soutenir cette dynamique.
Production fruitière en forte hausse
La plaine de Chtouka, située au sud d’Agadir, est un véritable poumon de l’agriculture marocaine, avec 24 000 hectares de serres. Cette zone est responsable de plus de 80 % des exportations de fruits et légumes du pays. Les chiffres de l’année dernière témoignent de cette vitalité, avec un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de dollars provenant de ces exportations, un montant qui continue d’attirer l’attention sur l’importance du secteur.
Une main-d’œuvre en mutation
Avec une partie de la population rurale qui, poussée par la sécheresse, préfère migrer vers les villes à la recherche d’emplois dans le bâtiment ou les services, les exploitants agricoles doivent se tourner vers des travailleurs migrants, principalement d’Afrique de l’Ouest. Cette tendance devrait s’intensifier à l’approche des 20 milliards de dollars d’investissements prévus pour la Coupe du monde de football en 2030, augmentant encore la demande de main-d’œuvre dans le secteur agricole.
Perte d’emplois dans l’agriculture
Depuis 2000, le secteur agricole a enregistré une perte alarmante de 1,7 million d’emplois, réduisant la part des Marocains employés par l’agriculture à un quart de la population active, contre la moitié il y a deux décennies. Ce changement met en lumière le défi auquel fait face le secteur, qui doit s’adapter à la fois à des conditions climatiques difficiles et à une main-d’œuvre de plus en plus rare.
Salaires disparates entre locaux et migrants
Les agriculteurs parlent de la montée des exigences salariales des travailleurs locaux, qui demandent jusqu’à 500 dirhams par jour, tandis que les travailleurs migrants gagnent environ 100 dirhams, un écart significatif qui souligne les pressing besoins économiques de ces derniers. Abdulfattah Aliou, un migrants togolais, illustre cette situation en affirmant qu’il préférerait travailler plutôt que de mendier dans les rues.
Soutien aux exploitations agricoles
Sans la main-d’œuvre provenant de l’Afrique subsaharienne, de nombreuses exploitations se retrouveraient en difficulté, voire contraintes à la fermeture. Abdelaziz El Maanaoui, un responsable agricole local, met en avant cette réalité, affirmant que l’absence de ces travailleurs risquerait de diminuer considérablement la production, mettant ainsi en péril l’économie locale.
Pénurie de main-d’œuvre mondiale
Rachid Benali, chef de la confédération nationale, attire l’attention sur une pénurie mondiale de main-d’œuvre dans le secteur agricole. Il souligne la nécessité de redéfinir la stratégie du Maroc, qui ne jouit plus de l’avantage d’une main-d’œuvre bon marché. Cette situation pose un véritable défi pour l’avenir de l’agriculture dans le pays.
Impact démographique dans les zones rurales
La présence accrue de travailleurs migrants a des conséquences évidentes sur la démographie des campagnes, notamment dans des communes comme Ait Amira. En trois décennies, la population de cette commune a quadruplé pour atteindre 113 000 habitants. Si certains migrants vivent encore à la rue en attendant de rejoindre l’Europe, d’autres choisissent de s’installer durablement et contribuent ainsi à la vitalité économique des régions rurales.
L’équilibre entre les besoins du marché et les réalités démographiques s’avère essentiel pour l’avenir de l’agriculture marocaine. Les enjeux économiques, sociaux et démographiques se croisent et exigent des solutions stratégiques pour garantir la durabilité de ce secteur clé.