La révolte des parents atteint Fès après Rabat et Casablanca
La mobilisation s’étend à tout le royaume. Ce jeudi, des parents d’élèves de la mission française de Fès ont organisé un sit-in pour dénoncer une nouvelle grille tarifaire qualifiée de « soudaine ». Les manifestants, inquiets du pouvoir d’achat des ménages dans une situation économique tendue, réclament le gel immédiat de ces augmentations qui pourraient contraindre de nombreuses familles à retirer leurs enfants du système éducatif français, faute de moyens.
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Ce mécontentement s’inscrit dans un mouvement de contestation national déclenché par une décision du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) datant de décembre 2025. La réforme votée prévoit le transfert progressif de la charge des pensions civiles des personnels expatriés directement aux familles, jusqu’à 35% à partir de la rentrée 2026, entraînant une inflation mécanique des coûts sans compensation éducative directe pour les étudiants.
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Outre l’instauration controversée de frais de première inscription fixés à 30 000 dirhams, les nouveaux barèmes pèsent lourdement sur les budgets des familles. Pour l’année scolaire 2026-2027, les frais de scolarité annuels pour un lycéen n’ayant pas la nationalité française dépasseront désormais la barre des 60 000 dirhams. Les associations de parents dénoncent une rupture du contrat de confiance, pointant une gestion déconnectée des réalités locales et un manque flagrant de concertation en amont.
La tension est également exacerbée par les critiques récurrentes sur la gestion des fonds et des projets immobiliers, comme le collège Saint-Exupéry de Rabat dont le budget de reconstruction a triplé en une décennie pour atteindre 18 millions d’euros. Face à ce qu’ils considèrent comme une dérive financière servant à combler les déficits de l’État français, les parents réclament une approche participative et une transparence totale sur l’utilisation des fonds collectés.