La Russie vise 100 000 tonnes de captures annuelles dans les eaux marocaines
La Russie vise 100 000 tonnes de captures annuelles dans les eaux marocaines, confirme l’Agence fédérale de la pêche
La Russie propose d’augmenter ses captures à 100 000 tonnes/an dans les eaux marocaines; accord signé le 17/10/2025 et campagne scientifique lancée le 26/10/2026, selon Moscou.
La Russie a annoncé le 28 octobre 2026, lors du sommet Russie‑Afrique à Moscou, son intention d’élever à 100 000 tonnes par an le volume de captures réalisées par ses flottes dans les eaux atlantiques marocaines, contre un quota fixé à 54 000 tonnes pour 2026. L’Agence fédérale russe de la pêche a présenté ce chiffre comme un objectif conditionnel, dépendant d’une « amélioration des conditions de pêche » et d’évaluations scientifiques conjointes. Il ne s’agit pas, selon Moscou, d’un nouveau quota automatiquement accordé par Rabat mais d’une perspective issue de l’accord de coopération conclu entre les deux pays le 17 octobre 2025.
Détail de la proposition russe et contexte immédiat
La progression envisagée représente une hausse de l’ordre de 85 % par rapport au quota 2026 de 54 000 tonnes. Les autorités russes insistent sur le caractère conditionnel de cette ambition et précisent que toute augmentation effective devra reposer sur des indicateurs scientifiques et sur des décisions prises au sein de la commission mixte russo‑marocaine de la pêche. La déclaration a été formulée dans le cadre des discussions bilatérales pendant le sommet Russie‑Afrique, et reprise par l’Agence fédérale russe de la pêche le 28 octobre 2026.
Espèces ciblées et modalités d’exploitation
Les flottes russes opèrent principalement sur des ressources pélagiques : sardines, maquereaux, chinchards (carangues) et anchois. Les captures réalisées dans la zone atlantique marocaine sont, d’après Moscou, destinées à la transformation industrielle en Russie et à l’approvisionnement de marchés africains. La Russie souligne par ailleurs que l’augmentation proposée dépendra des indices de stock, de la reproduction et de la taille des cohortes juvéniles, ainsi que des conditions environnementales qui influent sur la disponibilité des bancs de poissons.
Campagne scientifique menée par l’Atlantida depuis le 26 octobre
Depuis le 26 octobre 2026, le navire scientifique Atlantida conduit une campagne d’évaluation dans les eaux marocaines. L’expédition prévoit 145 opérations de chalutage et des prélèvements sur environ 80 points, sélectionnés en coordination avec les autorités marocaines. L’équipage compte une majorité de spécialistes russes, dont des scientifiques, et inclut deux chercheurs marocains. Les données collectées — notamment sur les populations juvéniles de sardine, maquereau, chinchard et anchois — seront transmises à la commission mixte russo‑marocaine pour éclairer les décisions futures sur les volumes autorisés.
Cadre juridique et antécédents de quotas
L’annonce s’inscrit dans le prolongement de l’accord de coopération signé le 17 octobre 2025 entre Moscou et Rabat, qui envisageait déjà une progression des captures vers 90 000–100 000 tonnes. Historiquement, la Russie a obtenu par le passé des niveaux de quota supérieurs : en 2022, par exemple, dix navires russes avaient été autorisés à capter jusqu’à 140 000 tonnes par an, selon les modalités alors évoquées. Ces variations illustrent la dépendance des autorisations aux négociations bilatérales et aux évaluations scientifiques périodiques.
Conséquences économiques et enjeux pour les équipages marocains
La coopération russo‑marocaine intègre des retombées économiques locales, notamment en matière d’emploi. Les autorités russes indiquent que les marins marocains constituent traditionnellement environ 10 % des équipages des navires russes opérant dans la zone. Les gains attendus concernent la chaîne de valeur : pêche, transformation et commercialisation. Toutefois, toute augmentation des volumes soulève des questions sur la durabilité des stocks, la préservation des ressources côtières marocaines et l’équilibre entre exploitation étrangère et activités des pêcheries locales.
Les observations scientifiques recueillies par l’Atlantida et les évaluations de la commission mixte russo‑marocaine détermineront les étapes suivantes. Rabat conserve la prérogative d’autoriser ou non des augmentations de quota sur son plateau continental et fera valoir, le cas échéant, des garanties sur la gestion durable, la surveillance et la participation des acteurs nationaux. Le dossier restera à suivre de près dans les prochaines semaines, au rythme des conclusions scientifiques et des décisions politiques bilatérales.