l’acquisition est basée sur une « fraude totale »
Le représentant du ministère public a déclaré que la villa n’a jamais appartenu légalement à El Kacem Belmir avant d’être transférée à Saïd Naciri. Il a qualifié les contrats de transfert de propriété et de paiement d’irréguliers, insistant sur le fait que « ce qui est basé sur le mensonge est faux ». L’accusation a souligné les incohérences du récit de Belmir, qui lie l’affaire à une demande d’hébergement formulée par le baron de la drogue Ahmed Ben Brahim lors d’une perquisition dans un restaurant à Saïdia, une version jugée “dénuée de sens” et destinée à dissimuler des actes criminels.
Lire : « Désert Escobar » : Latifa Raafat menace
Le parquet a également démonté le contrat notarié du 17 juillet 2017. Ce document est considéré comme un « faux intellectuel » fondé sur une procuration falsifiée. Le magistrat a mis en avant une anomalie financière majeure : le prix de vente évoqué en 2017 était identique à celui de 2013, ignorant totalement l’envolée de l’immobilier dans ce quartier prisé durant cette période, ce qui exclut selon lui la bonne foi de l’acquéreur.
Des chèques invalides et une société au capital dérisoire
Les éléments matériels présentés par le ministère public visent à prouver le caractère frauduleux de la transaction. L’acquisition a été réalisée au nom d’une société détenue par Naciri et son fils, dont le capital n’excède pas 100 000 dirhams, alors que la transaction porte sur 1,65 million de dirhams. Par ailleurs, la société était domiciliée à l’adresse de la villa avant même d’en être propriétaire.
Le procureur a également révélé que les chèques ayant servi au paiement provenaient d’une société avec laquelle Saïd Naciri n’avait plus aucun lien depuis 2007, les rendant ainsi sans valeur probante. Qualifiant d’illogiques les explications concernant l’aménagement de la villa avec des tapis iraniens, le magistrat a exigé la condamnation des accusés pour tous les chefs d’accusation, ainsi que la confiscation des fonds provenant du trafic de drogue et la destruction des documents falsifiés.