L’AIEA réclame un système de vérification très solide du programme nucléaire iranien
Rafael Grossi exige un « système de vérification très solide » pour le programme nucléaire iranien
Rafael Grossi demande un accès complet et des inspections renforcées pour vérifier le programme nucléaire iranien alors que Washington et Téhéran s’opposent sur les modalités.
Le 26 juin 2026, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a réclamé la mise en place « d’un système de vérification très solide » pour surveiller le programme nucléaire iranien. Son intervention survient au moment où les négociations en vue d’un cessez-le-feu durable entre les États-Unis et l’Iran se déroulent sous tension, avec des déclarations contradictoires sur l’étendue et le calendrier des inspections nucléaires prévues par le protocole d’accord récemment signé. Grossi a insisté sur la nécessité d’un accès complet de l’AIEA aux installations pertinentes afin d’assurer que l’Iran ne puisse pas développer une arme nucléaire.
Grossi appelle à un “système de vérification très solide”
Rafael Grossi a déclaré aux journalistes que les intentions annoncées par Téhéran ne suffisaient pas et qu’il fallait « vérifier partout ». Il a souligné que l’objectif central du volet nucléaire du mémorandum d’accord en 14 points, signé début juin 2026, est de garantir que l’Iran reste à des fins strictement civiles. Pour cela, a-t-il ajouté, l’AIEA doit disposer d’un cadre technique et juridique permettant des inspections approfondies et un suivi continu des matières fissiles.
Accès aux sites et inspections au cœur des désaccords
Les modalités d’accès aux sites nucléaires, en particulier à ceux qui ont été bombardés, constituent un point de désaccord majeur. Les autorités américaines affirment que le protocole d’accord inclut des inspections complètes et contraignantes ; l’Iran, pour sa part, soutient que certaines questions demeurent à régler et que l’examen des sites attaqués devra être finalisé dans le cadre d’un accord définitif. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que l’accès aux sites et aux matières endommagées serait traité lors des négociations finales et lié à des mesures pratiques sur les sanctions.
Conséquences des attaques de juin 2025 sur la coopération
La coopération entre Téhéran et l’AIEA avait été interrompue après les attaques menées par les États-Unis et Israël durant une guerre de douze jours en juin 2025. En septembre 2025, l’Iran a accepté le retour des inspecteurs de l’AIEA et des visites ont eu lieu depuis. Toutefois, l’accès aux sites bombardés n’a pas encore été accordé et des stocks d’uranium enrichi sont toujours introuvables selon les déclarations internationales, ce qui complique l’établissement d’un inventaire complet et la traçabilité des matières.
Positions opposées de Washington et de Téhéran
La communication entre Washington et Téhéran est marquée par une « guerre de déclarations ». Les États-Unis rejettent les affirmations iraniennes selon lesquelles les inspections demeurent limitées et assurent que Téhéran a accepté des inspections de « plus haut niveau ». Le gouvernement iranien répète que son programme nucléaire est pacifique et qualifie les accusations de fabriquées. Le différend porte aussi sur la question des sanctions : l’Iran conditionne souvent la coopération plus large à des gestes concrets américains pour lever ou alléger les sanctions économiques, tandis que les États-Unis demandent des garanties de vérification avant d’engager des mesures pratiques.
Calendrier et étapes techniques en cours
Rafael Grossi a précisé que des travaux techniques ont déjà commencé et que le protocole d’accord prévoit explicitement la supervision par l’AIEA de la dimension nucléaire de l’accord. Il a estimé que le calendrier opérationnel — s’il faut attendre une ou deux semaines de plus pour finaliser certains aspects — n’est pas l’élément déterminant, l’essentiel étant la robustesse et la portée du mécanisme de vérification. Les prochaines étapes identifiées incluent la clarification des accès aux sites endommagés, la reconstitution des inventaires d’uranium et la mise en place de procédures de suivi continus.
La tension diplomatique demeure: chaque camp met en avant ses exigences et ses conditions, tandis que l’AIEA réclame des garanties techniques et un accès sans restriction pour remplir son rôle de surveillance. La réussite de la mise en œuvre du volet nucléaire dépendra de la capacité des parties à traduire les engagements politiques du mémorandum en modalités opérationnelles acceptées par l’organisme de contrôle.